Les charges d’un auto-entrepreneur en 2026, activité par activité
Un taux fixe sur le chiffre d’affaires encaissé, deux petites taxes en plus, et rien à payer si vous n’encaissez rien.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
Vos cotisations et ce qu’elles financent
Cotisations du mois (25,6 %)
768 €
| Retraite de base et complémentaire | 518 € |
| CSG-CRDS | 194 € |
| Maladie, invalidité-décès | 57 € |
| En plus : CFP et taxe de chambre | 6 € |
Un auto-entrepreneur paie ses cotisations sociales en pourcentage du chiffre d’affaires qu’il encaisse, déclaré chaque mois ou chaque trimestre à l’Urssaf. En 2026, le taux est de 12,3 % pour la vente de marchandises et l’hébergement, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 25,6 % pour les professions libérales non réglementées et 23,2 % pour celles qui relèvent de la Cipav. Ce taux couvre l’assurance maladie, les retraites de base et complémentaire, l’invalidité-décès, les allocations familiales et la CSG-CRDS. S’y ajoutent la contribution à la formation professionnelle, de 0,1 % à 0,3 % selon l’activité, et une taxe pour frais de chambre pour les commerçants et les artisans. Un coach qui encaisse 30 000 € dans l’année verse ainsi 7 680 € de cotisations et 60 € de CFP. Sans chiffre d’affaires, rien n’est dû, mais la déclaration reste obligatoire.
Les taux de cotisations 2026
Le régime micro-social applique un taux unique à chaque euro encaissé (service-public, fiche F36232). Le taux dépend de la catégorie de l’activité, pas du métier lui-même : un formateur peut relever des prestations commerciales ou des activités libérales selon la façon dont il exerce, et c’est l’inscription au registre qui tranche. Les taux ci-dessous sont ceux publiés par l’Urssaf sur autoentrepreneur.urssaf.fr pour 2026.
| Activité | Cotisations | CFP | Taxe de chambre | Total sur le CA |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement | 12,3 % | 0,1 % | 0,015 % | 12,42 % |
| Prestations commerciales (BIC) | 21,2 % | 0,1 % | 0,044 % | 21,34 % |
| Prestations artisanales (BIC) | 21,2 % | 0,3 % | 0,48 % | 21,98 % |
| Libéral non réglementé (BNC) | 25,6 % | 0,2 % | – | 25,8 % |
| Libéral relevant de la Cipav | 23,2 % | 0,2 % | – | 23,4 % |
Les artisans d’Alsace et de Moselle paient une taxe de chambre des métiers plus élevée, que ce tableau n’intègre pas. Les locations de meublés de tourisme classés ont un taux propre de 6 %, hors du champ de ce site.
Quatre exemples chiffrés
Un coach en libéral à 30 000 €
Il déclare ses encaissements chaque trimestre. Sur l’année, il verse 7 680 € de cotisations et 60 € de CFP, soit 25,8 % de son chiffre d’affaires. Il reste 22 260 € avant impôt et avant CFE.
Un plombier artisan à 45 000 €
Son taux de cotisations est plus bas, mais il paie la CFP la plus élevée et la taxe de la chambre des métiers : 9 540 € de cotisations, 135 € de CFP et 216 € de taxe de chambre. Ses fournitures ne réduisent pas ces montants : s’il achète beaucoup de matériel, comparez avec le régime réel.
Une boutique en ligne à 60 000 €
La vente de marchandises bénéficie du taux le plus faible : 7 380 € de cotisations pour 60 000 € de ventes. Mais ce chiffre d’affaires comprend le prix d’achat des produits revendus ; la marge réelle peut être bien plus mince que ce que suggère le taux.
Une architecte relevant de la Cipav à 40 000 €
Les professions réglementées affiliées à la Cipav, architectes, psychologues, ostéopathes ou moniteurs de ski, cotisent à 23,2 %, soit 9 280 € sur 40 000 €. Leur retraite complémentaire est gérée par la Cipav, et la part de leurs cotisations qui y va est la plus forte : 30,7 %.
Où va l’argent : la répartition 2026
Depuis le 1er janvier 2026, la répartition des cotisations entre les risques a changé (décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025) : la part de la CSG-CRDS baisse et celle de la retraite augmente, ce qui améliore les droits sans changer le taux global. Le mini-simulateur en haut de page ventile vos propres cotisations.
| Part des cotisations | Vente et BIC | Libéral BNC | Cipav |
|---|---|---|---|
| Retraite de base | 43,5 % | 46,4 % | 29,5 % |
| Retraite complémentaire | 19,8 % | 21,0 % | 30,7 % |
| Maladie et indemnités journalières | 10,1 % | 4,1 % | 11,4 % |
| Invalidité-décès | 3,2 % | 3,3 % | 1,4 % |
| CSG-CRDS | 23,6 % | 25,2 % | 27,0 % |
Concrètement, sur 1 000 € de cotisations versées par un libéral, 674 € financent ses droits à la retraite. Les trimestres validés dépendent toutefois du chiffre d’affaires déclaré sur l’année : un petit chiffre d’affaires cotise peu et valide peu.
Ce que le taux ne contient pas
Trois dépenses s’ajoutent aux cotisations. L’impôt sur le revenu, soit au barème après abattement, soit par versement libératoire. La cotisation foncière des entreprises, due à partir de la deuxième année, dont le montant dépend de la commune. Enfin les frais de l’activité elle-même, que le régime micro ne déduit pas. Le simulateur auto-entrepreneur les additionne pour donner le net en poche.
Quand et comment payer
Les cotisations se paient en même temps que la déclaration du chiffre d’affaires, en ligne, chaque mois ou chaque trimestre selon l’option choisie. Elles sont définitives : aucune régularisation l’année suivante, contrairement aux indépendants au réel. Le détail des échéances est sur déclarer son chiffre d’affaires.
Trois erreurs qui faussent le calcul
La première consiste à appliquer un taux périmé. Beaucoup de pages affichent encore 21,1 % pour les libéraux : c’était le taux jusqu’en juin 2024. Sur 40 000 € de chiffre d’affaires, l’écart avec le taux de 2026 dépasse 1 800 € par an.
La deuxième, déclarer le chiffre d’affaires facturé au lieu du chiffre d’affaires encaissé. Une facture émise en décembre et payée en janvier se déclare en janvier, et c’est le taux en vigueur à l’encaissement qui s’applique.
La troisième, oublier que le taux s’applique au chiffre d’affaires hors taxe. Un auto-entrepreneur qui a dépassé le seuil de franchise et facture la TVA ne cotise pas sur la TVA qu’il collecte pour l’État.