Quel cadre juridique pour exercer en freelance ?
Le bon statut dépend moins du métier que de trois chiffres : le chiffre d’affaires, les frais et le niveau de protection que vous voulez.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
Le statut qui vous laisse le plus
En tête : Micro-entreprise
3 188 €
| EURL | 3 063 € |
| EI au réel | 2 957 € |
| SASU | 2 934 € |
| Portage | 2 502 € |
Net par mois, personne seule, frais de comptabilité d’une société non compris.
Un freelance qui vend des prestations intellectuelles peut exercer dans cinq cadres : micro-entreprise, entreprise individuelle au réel, EURL, SASU ou portage salarial. Le moteur de ce site les compare pour une personne seule, en libéral non réglementé. Avec 45 000 € de chiffre d’affaires et 2 000 € de frais, la micro-entreprise laisse le plus : 2 448 € par mois après impôt, contre 1 963 € en portage. À 80 000 € et 4 000 € de frais, la micro-entreprise reste en tête avec 3 868 €, mais elle perd sa place si les frais montent à 20 000 € : l’EURL passe devant avec 3 025 €. À 130 000 €, le plafond de 83 600 € ferme la micro, et l’EURL arrive en tête avec 5 736 € par mois, frais de comptabilité non compris. Le net n’est pas le seul critère : la SASU et le portage rattachent au régime des salariés, l’EI et l’EURL au barème des indépendants, la micro-entreprise à un taux unique sur le chiffre d’affaires.
Cinq cadres, cinq logiques
La micro-entreprise prélève un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, 25,6 % pour un libéral non réglementé en 2026 (Urssaf), sans tenir compte des frais. L’entreprise individuelle au réel cotise sur le bénéfice, selon le barème des travailleurs indépendants. L’EURL est une société à associé unique dont le gérant cotise lui aussi comme indépendant ; à l’impôt sur les sociétés, elle permet de partager le bénéfice entre rémunération et dividendes. La SASU fait de son président un assimilé salarié, au taux du régime général, avec des dividendes sans cotisations. Le portage salarial, enfin, n’est pas une entreprise : vous devenez salarié d’une société de portage qui facture vos clients (service-public, fiche F31620).
Trois profils de freelance chiffrés
Le moteur calcule, pour chaque cadre, ce qui reste par mois après cotisations, impôt sur les sociétés, prélèvements sur les dividendes et impôt sur le revenu, pour une personne seule sans autre revenu. Pour l’EURL et la SASU, il cherche le partage entre rémunération et dividendes le plus favorable. Le portage est calculé avec 7 % de frais de gestion, une hypothèse et non un barème.
| Cadre | 45 000 €, 2 000 € de frais | 80 000 €, 4 000 € de frais | 130 000 €, 8 000 € de frais |
|---|---|---|---|
| micro-entreprise | 2 448 € | 3 868 € | plafond dépassé |
| entreprise individuelle au réel | 2 277 € | 3 574 € | 5 480 € |
| EURL | 2 329 € | 3 708 € | 5 736 € |
| SASU | 2 088 € | 3 636 € | 5 604 € |
| portage salarial | 1 963 € | 2 916 € | 4 279 € |
Deux enseignements. Sous le plafond et avec peu de frais, la micro-entreprise l’emporte. Au-delà, l’EURL devance de peu la SASU dans ces exemples, parce que les cotisations d’un gérant indépendant pèsent moins lourd que celles d’un président assimilé salarié. Le portage reste derrière à chaque niveau : il paie une protection de salarié cadre et des frais de gestion.
Les frais redistribuent les cartes
Un freelance qui achète du matériel, loue un bureau ou se déplace beaucoup voit l’intérêt de la micro-entreprise fondre. À 80 000 € de chiffre d’affaires, avec 20 000 € de frais au lieu de 4 000 €, la micro ne laisse plus que 2 535 € par mois , l’EURL en laisse 3 025 €, l’EI au réel 2 919 €. Les cadres au réel déduisent les dépenses avant de calculer cotisations et impôt, ce que le taux de la micro ne permet pas. Le passage de l’un à l’autre est étudié sur micro-entreprise ou SASU.
Les seuils qui tranchent
Quatre montants reviennent dans toutes les décisions. Le plafond de la micro-entreprise pour les services, 83 600 € de chiffre d’affaires annuel, au-delà duquel deux années consécutives font sortir du régime (service-public, fiche F32353). Le seuil de franchise de TVA, 37 500 € pour les prestations de services, avec une tolérance jusqu’à 41 250 € en cours d’année (fiche F21746) : au-delà, la TVA s’ajoute aux factures, quel que soit le statut. Le seuil du taux réduit d’impôt sur les sociétés, 42 500 € de bénéfice, qui rend la société attractive quand le bénéfice laissé dans l’entreprise reste modeste. Et le salaire brut minimal du portage, 2 517,13 € par mois.
Protection sociale : ce que chaque cadre apporte
Le net ne dit pas tout. Le président de SASU et le salarié porté relèvent du régime général ; le second cotise en plus à l’assurance chômage, le premier non, faute de contrat de travail. L’entrepreneur individuel et le gérant d’EURL cotisent comme indépendants, avec des minimums de 1 255 € par an même sans revenu. Le micro-entrepreneur cotise à proportion de son chiffre d’affaires : un petit chiffre ouvre peu de droits, mais rien n’est dû quand rien n’est encaissé.
Changer de cadre en cours de route
Beaucoup de freelances commencent en micro-entreprise et la quittent quand le chiffre d’affaires approche du plafond ou que les frais grimpent. Le comparateur de statuts refait le calcul avec vos propres chiffres, le simulateur de TJM part du taux journalier, et la page portage ou auto-entrepreneur détaille l’alternative sans création d’entreprise. Pour un métier du numérique, voir aussi le statut du développeur freelance.
Ces résultats sont des estimations tirées des règles 2026 publiées : ils n’engagent ni l’Urssaf ni l’administration fiscale et ne valent pas conseil personnalisé, notamment pour une société, dont les frais de tenue des comptes ne sont pas comptés.