Le statut d’auto-entrepreneur : ce que vos cotisations vous ouvrent

Un taux unique sur le chiffre d’affaires, mais derrière lui une protection sociale précise, avec ses forces et ses angles morts.

Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul

Ce que vos cotisations vous ouvrent comme droits

Part qui va à votre retraite

67,4 %

Retraite de base3 564 €
Retraite complémentaire1 613 €
Maladie, indemnités journalières315 €
Invalidité-décès253 €

CSG-CRDS : 25,2 % des cotisations, sans droit propre.

Voir le net complet →

Le statut d’auto-entrepreneur, ou micro-entrepreneur, réunit deux régimes simplifiés : le micro-social, où les cotisations sont un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, et le micro-fiscal, où l’impôt porte sur ce chiffre d’affaires diminué d’un abattement forfaitaire. Ces cotisations ouvrent une vraie protection. L’assurance maladie relève de la CPAM, et les indemnités journalières de maladie, de maternité et de paternité se calculent sur le chiffre d’affaires abattu, c’est-à-dire après 71 %, 50 % ou 34 % d’abattement selon l’activité. Depuis le 1er janvier 2026, la répartition a changé sans toucher au taux global : pour un libéral non réglementé, 67,4 % des cotisations financent la retraite de base et complémentaire, et 25,2 % vont à la CSG-CRDS, qui n’ouvre aucun droit propre. Sur 30 000 € encaissés en libéral, cela fait 5 176 € pour la retraite. Ces chiffres sont des estimations, sans valeur de conseil personnalisé ; l’Urssaf fixe les montants.

Un statut, deux régimes simplifiés

On parle de statut d’auto-entrepreneur, mais il s’agit surtout d’un mode de calcul. Côté social, le régime micro-social : un taux fixe sur chaque euro encaissé, déclaré au mois ou au trimestre (service-public, fiche F36232). Côté fiscal, le régime micro-fiscal : un abattement forfaitaire tient lieu de frais réels. Les deux vont ensemble. Le seuil du micro-fiscal, 83 600 € en services et 203 100 € en vente, commande aussi le micro-social : le dépasser deux années consécutives fait sortir des deux (service-public, fiche F32353). Les chiffres d’affaires et leurs limites sont détaillés sur les plafonds de la micro-entreprise.

Cette page s’intéresse à l’autre face : ce que les cotisations achètent. Les taux eux-mêmes sont expliqués sur les charges de l’auto-entrepreneur.

Ce que finance un chiffre d’affaires de 30 000 €

Le tableau applique la répartition entrée en vigueur au 1er janvier 2026 (décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025) aux cotisations calculées par le moteur pour un même chiffre d’affaires annuel. La dernière ligne donne le revenu sur lequel l’assurance maladie calcule les indemnités journalières.

Destination des cotisations d’un micro-entrepreneur pour un chiffre d’affaires de 30 000 € en 2026, selon la catégorie
Pour 30 000 € encaissésVenteServices BICLibéral BNCCipav
Cotisations totales3 690 €6 360 €7 680 €6 960 €
Retraite de base et complémentaire2 332 €4 020 €5 176 €4 190 €
Maladie et indemnités journalières371 €639 €315 €793 €
Invalidité-décès116 €200 €253 €97 €
CSG-CRDS, sans droit propre871 €1 501 €1 935 €1 879 €
Revenu servant aux indemnités8 700 €15 000 €19 800 €19 800 €

Deux constats. La vente cotise peu, 3 690 €, et finance donc peu de retraite en euros, même si la part est élevée en pourcentage. Et c’est en vente que le revenu servant aux indemnités est le plus faible, 8 700 €, parce que l’abattement de 71 % y est le plus fort : un commerçant en arrêt maladie touche des indemnités calculées sur un revenu bien inférieur à son chiffre d’affaires.

La santé : CPAM et indemnités journalières

Le micro-entrepreneur relève de la CPAM pour l’assurance maladie (Urssaf, l’essentiel du statut). Ses cotisations ouvrent droit à des indemnités journalières en cas de maladie, de maternité ou de paternité. Le point faible tient à leur base : le chiffre d’affaires abattu. Un libéral à 30 000 € est indemnisé sur 19 800 €, un prestataire commercial sur 15 000 €. Plus le chiffre d’affaires est modeste, plus ces indemnités le sont aussi.

La retraite : la part qui grossit

La réforme de 2026 n’a pas changé le taux affiché, elle a déplacé l’argent. La CSG-CRDS, qui ne crée aucun droit, recule ; la retraite de base et la retraite complémentaire, qui en créent, progressent (Urssaf, réforme des cotisations des indépendants). Pour un libéral non réglementé, 46,4 % des cotisations vont désormais à la retraite de base et 21,0 % à la complémentaire. Le taux des libéraux avait déjà été relevé par étapes, de 21,1 % jusqu’en juin 2024 à 24,6 % en 2025, puis 25,6 % en 2026.

Ce que ces euros valent en droits dépend du chiffre d’affaires déclaré sur l’année entière ; ce site ne chiffre pas les trimestres validés. Retenez simplement qu’un chiffre d’affaires faible donne des cotisations faibles, donc des droits faibles.

Le cas des professions de la Cipav

Architectes, ingénieurs conseils, ostéopathes, psychologues, moniteurs de ski, guides-conférenciers et quelques autres professions réglementées relèvent de la Cipav pour leur retraite. Leur taux est de 23,2 %, et leur répartition diffère : 30,7 % pour la complémentaire, plus que la retraite de base (29,5 %), et 11,4 % pour la maladie. La liste complète et ses conséquences sont sur l’auto-entrepreneur Cipav.

Cotiser plus : l’option des cotisations minimales

Un micro-entrepreneur qui démarre doucement peut trouver ses droits trop maigres. Il peut demander à l’Urssaf de cotiser sur une base minimale, avant le 31 décembre pour l’année suivante ou dans les trois mois de la création. Il quitte alors le calcul proportionnel pour celui d’un travailleur indépendant classique. Le choix se discute : il augmente les sommes versées les petites années. Ce site ne le simule pas.

Quand le statut ne suffit plus

Le statut repose sur un chiffre d’affaires plafonné et des frais forfaitisés. Quand l’activité grandit ou que l’on veut une protection construite autrement, les alternatives sont l’entreprise individuelle au réel, la société ou le portage salarial, comparés sur le statut freelance. En outre-mer, des taux réduits s’appliquent pendant trois ans, non modélisés ici. Comme toujours sur ce site, les montants sont des estimations : l’Urssaf et l’assurance maladie fixent vos droits réels. Le récapitulatif général du régime est sur la micro-entreprise.

Les questions des indépendants

Sur quel revenu sont calculées les indemnités journalières d’un auto-entrepreneur ?

Sur le chiffre d’affaires abattu, pas sur le chiffre d’affaires brut. L’abattement est de 71 % en vente, 50 % en services commerciaux ou artisanaux et 34 % en libéral, selon l’Urssaf. Pour 30 000 € encaissés, le revenu retenu va donc de 8 700 € en vente à 19 800 € en libéral. La règle vaut pour la maladie, la maternité et la paternité.

À quelle caisse d’assurance maladie l’auto-entrepreneur est-il rattaché ?

À la CPAM, la caisse primaire d’assurance maladie, d’après l’Urssaf. La part maladie de ses cotisations, 10,1 % pour un commerçant ou un artisan et 4,1 % pour un libéral non réglementé en 2026, finance ses soins et ses indemnités journalières. Il n’a pas de cotisation séparée à payer : tout passe par la déclaration de chiffre d’affaires.

La CSG-CRDS prélevée sur un auto-entrepreneur lui ouvre-t-elle des droits ?

Non, elle ne crée aucun droit propre : c’est une contribution qui finance la protection sociale dans son ensemble. Elle représente 25,2 % des cotisations d’un libéral en 2026, 23,6 % pour un commerçant ou un artisan, selon le décret du 8 septembre 2025. Sur 30 000 € encaissés en libéral, 1 935 € y sont consacrés.

La nouvelle répartition des cotisations en 2026 a-t-elle augmenté le taux de l’auto-entrepreneur ?

Non. Le taux global reste celui de l’activité, 25,6 % en libéral non réglementé ou 21,2 % en services BIC. Ce qui change au 1er janvier 2026, c’est la ventilation : la part de CSG-CRDS baisse au profit des cotisations de retraite, qui ouvrent des droits. Pour un libéral, la retraite reçoit désormais 67,4 % des sommes versées, selon l’Urssaf.

Un auto-entrepreneur peut-il choisir de cotiser plus pour être mieux protégé ?

Oui, en demandant les cotisations minimales à l’Urssaf, avant le 31 décembre pour l’année suivante ou avant la fin du troisième mois après la création. Le calcul bascule alors sur celui d’un travailleur indépendant classique, avec des montants planchers. Le simulateur de ce site ne modélise pas cette option ; il applique le taux de 25,6 % ou celui de votre activité.

Dans quels cas perd-on le statut d’auto-entrepreneur ?

Quand le chiffre d’affaires dépasse le plafond deux années de suite, 83 600 € pour les services ou 203 100 € pour la vente : la sortie a lieu au 1er janvier suivant, et le régime micro-social suit le micro-fiscal. Un seul dépassement est toléré. On peut aussi en sortir volontairement en optant pour un régime réel, selon service-public.

À voir aussi

Textes et sources officielles

Publié par

Éditeur de simulateurs pour indépendants · micro-entreprise, EI, EURL, SASU

Mis à jour le · Charte éditoriale · Contact

Règles 2026, relues le