La flat tax sur les dividendes : ce qui reste après les 31,4 %

Un taux unique sur le dividende brut, deux composantes, et une option qui ne profite qu’à certains foyers.

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Vos dividendes après flat tax

Dividendes nets

13 720 €

Impôt (12,8 %)2 560 €
Prélèvements sociaux (18,6 %)3 720 €
Total (31,4 %)6 280 €
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En 2026, un dividende versé par une SASU ou une autre société à l’impôt sur les sociétés supporte le prélèvement forfaitaire unique, dit flat tax, de 31,4 % : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, d’après service-public. Sur 20 000 € de dividendes bruts, cela représente 2 560 € d’impôt et 3 720 € de prélèvements sociaux, soit 6 280 € au total, et 13 720 € restent à l’associé. Le taux s’applique dès le premier euro, sans abattement. Un prélèvement de 12,8 % est opéré à la source au moment du versement, à titre d’acompte. L’associé peut à la place opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu : le dividende n’y est alors retenu que pour 60 % de son montant, grâce à un abattement de 40 %. Cette option devient intéressante pour un foyer dont le taux marginal est faible : à 11 %, l’impôt revient à 6,6 % du dividende, contre 12,8 % avec la flat tax. Rappel : le dividende sort d’un bénéfice qui a déjà payé l’impôt sur les sociétés.

Les 31,4 % en deux morceaux

Le prélèvement forfaitaire unique se compose d’un impôt sur le revenu à taux fixe de 12,8 % et de prélèvements sociaux de 18,6 %. Les deux s’appliquent au dividende brut, celui que la société décide de distribuer. Le tableau donne le détail pour quatre montants ; le mini-simulateur en haut de page le refait pour le vôtre.

Dividendes au prélèvement forfaitaire unique en 2026, associé personne physique
Dividende brutImpôt (12,8 %)Prélèvements sociaux (18,6 %)Total prélevéDividende net
5 000 €640 €930 €1 570 €3 430 €
20 000 €2 560 €3 720 €6 280 €13 720 €
50 000 €6 400 €9 300 €15 700 €34 300 €
100 000 €12 800 €18 600 €31 400 €68 600 €

Le calcul est strictement proportionnel : 100 000 € de dividendes coûtent vingt fois ce que coûtent 5 000 €. Ni le quotient familial ni les autres revenus n’interviennent, ce qui rend le résultat facile à anticiper au moment de voter une distribution.

Avant la flat tax, l’impôt sur les sociétés

Un dividende n’est jamais le premier prélèvement. La société a d’abord payé l’impôt sur les sociétés sur son bénéfice : 15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà. Enchaînés, les deux impôts prélèvent 41,7 % d’un bénéfice distribué dans la tranche réduite et 48,6 % dans la tranche normale. C’est cette charge cumulée qu’il faut comparer au coût d’un salaire, ce que fait la page salaire ou dividendes.

L’acompte prélevé au versement

Au moment du paiement, la société retient 12,8 % du dividende brut : c’est le prélèvement forfaitaire non libératoire, un acompte sur l’impôt sur le revenu de l’année. Si vous restez à la flat tax, il couvre exactement la part impôt. Si vous choisissez le barème, l’impôt définitif est recalculé et l’acompte vient en déduction. L’option ne touche qu’à cette part d’impôt sur le revenu, la seule que compare le tableau suivant (fiche F32963).

L’option pour le barème : à qui elle profite

L’option remplace les 12,8 % forfaitaires par le barème progressif, appliqué à 60 % seulement du dividende grâce à l’abattement de 40 %. Concrètement, le dividende coûte 6,6 % d’impôt s’il tombe dans la tranche à 11 %, 18,0 % dans la tranche à 30 %. Le tableau compare la part impôt pour 20 000 € de dividendes selon la situation du foyer.

Part impôt sur le revenu pour 20 000 € de dividendes, barème 2026, hors prélèvements sociaux
FoyerImpôt avec la flat taxImpôt avec le barèmeLe moins cher
Personne seule, aucun autre revenu2 560 €0 €barème
Personne seule, 25 000 € d’autres revenus2 560 €2 960 €flat tax
Personne seule, 60 000 € d’autres revenus2 560 €3 600 €flat tax
Couple, 2 enfants, 50 000 € d’autres revenus2 560 €1 917 €barème

Le barème gagne pour un foyer peu imposé, dont la part de quotient reste dans les premières tranches même après l’ajout du dividende. Il perd dès que le revenu imposable par part atteint la tranche à 30 %, qui commence à 29 579 €. Le calcul ne retient que les revenus indiqués dans chaque ligne : en cas d’hésitation, faites tourner les deux hypothèses avec votre déclaration complète.

Le cas particulier du gérant d’EURL

Pour un président de SASU, la flat tax est le seul prélèvement sur le dividende. Pour le gérant majoritaire d’une EURL, la part qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants entre dans l’assiette de ses cotisations de travailleur indépendant (Urssaf). Avec 5 000 € de capital, 19 500 € sur 20 000 € sont concernés. Le mécanisme complet est sur les dividendes d’EURL.

Les chiffres de cette page sont des estimations établies à partir des taux publiés ; ils ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation, et seule l’administration fiscale arrête l’impôt dû.

Les questions des indépendants

Combien d’impôt sur 20 000 € de dividendes avec la flat tax ?

6 280 € au total : 2 560 € d’impôt sur le revenu au taux de 12,8 % et 3 720 € de prélèvements sociaux à 18,6 %. Il reste 13 720 € à l’associé, selon les taux publiés sur service-public (fiche F32963). Le calcul est proportionnel : il ne dépend ni des autres revenus du foyer ni du nombre de parts.

Faut-il opter pour le barème plutôt que pour la flat tax sur ses dividendes ?

Seulement si votre taux marginal d’imposition est bas. Avec l’abattement de 40 %, un dividende imposé dans la tranche à 11 % supporte 6,6 % d’impôt, mieux que les 12,8 % de la flat tax ; dans la tranche à 30 %, il en supporte 18,0 %, et la flat tax redevient préférable. Le dividende s’ajoute aux autres revenus et peut faire changer de tranche.

Pourquoi 12,8 % sont-ils prélevés dès le versement du dividende ?

C’est le prélèvement forfaitaire non libératoire : la société retient 12,8 % du dividende brut au moment du paiement, comme acompte de l’impôt sur le revenu. Sur 20 000 €, cela fait 2 560 €. Avec la flat tax, le montant correspond exactement à l’impôt dû ; si vous optez pour le barème, l’impôt final est recalculé avec l’abattement de 40 %.

Quel prélèvement total entre le bénéfice de la société et le dividende encaissé ?

Il faut chaîner deux impôts. Le bénéfice paie d’abord l’impôt sur les sociétés, 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 %, et ce qui est distribué supporte ensuite les 31,4 %. La charge globale atteint 41,7 % du bénéfice dans la tranche réduite et 48,6 % au-delà, sans cotisations sociales pour un président de SASU.

Le gérant d’EURL paie-t-il les 18,6 % de prélèvements sociaux sur tous ses dividendes ?

Non. Chez le gérant majoritaire, la part qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants supporte les cotisations de travailleur indépendant ; le moteur ne lui applique pas une seconde fois les prélèvements sociaux. Pour 20 000 € avec 5 000 € de capital, 19 500 € sont concernés et les prélèvements de la flat tax tombent à 2 653 €, impôt compris.

La flat tax s’applique-t-elle dès le premier euro de dividende ?

Oui. Le prélèvement forfaitaire unique ne comporte ni franchise ni abattement : 31,4 % du montant brut, quel que soit le dividende. Pour 5 000 €, cela fait 1 570 €. L’abattement de 40 % n’existe qu’avec l’option pour le barème progressif, qui reste au choix de l’associé (service-public, fiche F32963).

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