Le plafond de chiffre d’affaires de la micro-entreprise

Deux chiffres à surveiller, un calcul au prorata la première année, et une année de dépassement tolérée.

Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul

Votre plafond la première année

Plafond proratisé 2026

70 087 €

Plafond annuel83 600 €
Jours d’activité en 2026306
Par mois d’activité6 967 €

Calcul : plafond × jours d’activité ÷ 365 (service-public, fiche F32353).

Calculer le net avec ce chiffre d’affaires →

Le plafond de la micro-entreprise est fixé pour 2026 à 203 100 € de chiffre d’affaires annuel pour la vente de marchandises et l’hébergement, et à 83 600 € pour les prestations de services commerciales, artisanales ou libérales. Les meublés de tourisme non classés ont un plafond à part, 15 000 €. Ces seuils remplacent les anciens montants de 188 700 € et 77 700 €, encore affichés sur des pages non mises à jour. Le dépassement ne fait pas sortir du régime immédiatement : la micro-entreprise s’applique une année donnée si le chiffre d’affaires de l’une des deux années précédentes est resté sous le seuil. Une seule année au-dessus est donc tolérée ; deux années consécutives entraînent la sortie au 1er janvier suivant. L’année de création, le seuil se calcule au prorata des jours d’activité : une activité de services ouverte le 1er mars 2026 a un plafond de 70 087 € pour cette première année, d’après l’exemple publié par service-public.

Les seuils de 2026

Le plafond ne s’applique pas à vos bénéfices, ni à votre revenu : il porte sur les recettes encaissées dans l’année civile, hors taxe (service-public, fiche F32353). Il dépend de la nature de l’activité.

Plafonds de chiffre d’affaires du régime micro en 2026
Nature de l’activitéPlafond 2026Ancien plafond
Vente de marchandises, hébergement203 100 €188 700 €
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)83 600 €77 700 €
Activités libérales (BNC), Cipav comprise83 600 €77 700 €
Meublé de tourisme classé, chambres d’hôtes83 600 €–
Meublé de tourisme non classé15 000 €–

Méfiez-vous des simulateurs anciens : un développeur qui croit son plafond à 77 700 € se pense hors du régime alors qu’il lui reste 5 900 € de marge.

La règle des deux années

Le régime ne se perd pas au premier euro de trop. Il s’applique une année donnée si le chiffre d’affaires de l’année précédente ou celui de l’avant-dernière année n’a pas dépassé le seuil. Concrètement, un dépassement isolé ne change rien ; deux dépassements d’affilée font sortir au 1er janvier qui suit.

Prenons une ergonome qui facture des audits de postes de travail. En 2026, elle encaisse un peu plus de 83 600 € : rien ne bouge, elle reste micro-entrepreneuse en 2027 parce que son chiffre d’affaires de 2025 était sous le seuil. Si 2027 dépasse aussi le plafond, à seuils inchangés, elle passe au réel le 1er janvier 2028. Si 2027 retombe en dessous, le compteur repart de zéro.

La sortie concerne les deux volets du régime : l’impôt sur le bénéfice réel et, pour les cotisations, le calcul des travailleurs indépendants classiques (service-public, fiche F36232). Le détail de ce qui change est sur l’entrepreneur individuel au réel.

La première année : un plafond au prorata

L’année de création, le seuil se réduit au nombre de jours d’activité : plafond annuel × jours d’activité ÷ 365 (Urssaf, l’essentiel du statut). Service-public donne deux exemples, que le moteur du site retrouve : une activité de vente créée le 31 janvier 2026 a un plafond de 186 407 € pour l’année, une activité de services commencée le 1er mars 2026 un plafond de 70 087 €.

Plafond proratisé de la première année selon la date de début, calculé par le moteur
Début d’activité en 2026Jours d’activitéPlafond ventePlafond services
1er janvier365203 100 €83 600 €
1er février334185 850 €76 500 €
1er mars306170 270 €70 087 €
1er avril275153 021 €62 986 €
1er mai245136 327 €56 115 €
1er juin214119 078 €49 015 €
1er juillet184102 385 €42 144 €
1er août15385 135 €35 043 €
1er septembre12267 885 €27 943 €
1er octobre9251 192 €21 072 €
1er novembre6133 943 €13 972 €
1er décembre3117 250 €7 100 €

Le régime micro reste acquis l’année de création et la suivante quoi qu’il arrive ; la vérification ne commence qu’à la troisième année. Mais le chiffre d’affaires de la première année, comparé à son seuil proratisé, entre dans ce contrôle. Une consultante qui s’installe le 1er septembre 2026 dispose de 122 jours d’activité, soit un plafond de 27 943 € pour 2026. Si elle signe une grosse mission dès l’automne, ce premier exercice compte déjà comme une année de dépassement.

Le mini-simulateur en haut de page fait ce calcul pour n’importe quel mois de démarrage.

Activité mixte : deux compteurs, pas un plafond doublé

Un menuisier qui fabrique et pose des meubles, ou une fleuriste qui vend des bouquets et anime des ateliers, exerce une activité mixte. Deux conditions doivent alors être réunies : le total ne dépasse pas 203 100 €, et la part de services ne dépasse pas 83 600 €. Les deux seuils ne s’additionnent pas. Pour l’impôt, chaque part reçoit son propre abattement, avec un minimum de 610 € au total (service-public, fiche F23267).

Ne pas confondre avec le seuil de TVA

Le plafond du régime et la franchise de TVA sont deux frontières différentes. En services, la TVA devient due bien avant le plafond : au-delà de 41 250 € de chiffre d’affaires dans l’année, vous facturez la TVA tout en restant micro-entrepreneur. Le calendrier de cette bascule est sur la TVA de l’auto-entrepreneur.

Approcher du plafond est aussi le bon moment pour comparer : micro ou réel montre à partir de quel niveau de frais le réel laisse davantage. Les montants de cette page sont des estimations fondées sur les seuils publiés ; ils ne remplacent pas un conseil personnalisé, et l’administration fiscale reste seule juge de votre régime.

Les questions des indépendants

Le plafond de la micro-entreprise est-il apprécié sur le chiffre d’affaires facturé ou encaissé ?

Sur le chiffre d’affaires encaissé de l’année civile, hors taxe, le même que celui que vous déclarez à l’Urssaf. Une facture de décembre réglée en janvier compte pour l’année du paiement. Pour une activité de services, c’est ce total encaissé entre le 1er janvier et le 31 décembre qui se compare à 83 600 €, selon service-public (fiche F32353).

Que se passe-t-il la deuxième année de dépassement du plafond micro ?

Vous quittez le régime micro-fiscal au 1er janvier suivant et, avec lui, le micro-social : cotisations et impôt se calculent alors sur le bénéfice réel. Avec un chiffre d’affaires de services au-dessus de 83 600 € en 2026 puis en 2027, la sortie intervient le 1er janvier 2028, d’après service-public (fiches F32353 et F36232).

Faut-il surveiller le plafond dès la première année d’activité ?

Le régime micro s’applique d’office l’année de création et la suivante ; le contrôle commence la troisième année. Mais le chiffre d’affaires de la première année se compare déjà à un seuil proratisé, et il servira à ce contrôle. Exemple officiel : une activité de vente créée le 31 janvier 2026 a un plafond de 186 407 € pour 2026, selon service-public.

Vente et services en même temps : quel plafond s’applique ?

Deux limites à la fois : le chiffre d’affaires total ne doit pas dépasser 203 100 €, et la part de services ne doit pas dépasser 83 600 €. Le seuil n’est pas doublé. Avec 83 600 € de services, il reste donc 119 500 € de marge pour la vente, d’après service-public. L’abattement fiscal minimal passe alors à 610 €.

Peut-on quitter la micro-entreprise avant d’atteindre le plafond ?

Oui, une option pour un régime réel d’imposition est possible même sous le seuil de 83 600 € en services ou de 203 100 € en vente, d’après service-public. Elle se justifie surtout quand les frais réels dépassent l’abattement forfaitaire. Les cotisations sont alors calculées sur le bénéfice, avec des acomptes provisoires régularisés ensuite.

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