Salaire ou dividendes : comment le président de SASU se paie le mieux

Chaque euro de bénéfice peut sortir en salaire ou en dividende ; les deux chemins ne laissent pas la même somme, ni les mêmes droits.

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Salaire ou dividendes en SASU

Net par an avec ce partage

45 205 €

Salaire net22 555 €
Dividendes nets23 324 €
Meilleur partage41 %
Net au meilleur partage45 695 €
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Pour un président de SASU seul, le meilleur partage en 2026 associe un salaire modeste et des dividendes : avec 80 000 € de bénéfice avant rémunération, le moteur trouve l’optimum à 41 % du bénéfice consacré au salaire, coût patronal compris, ce qui laisse 45 695 € par an après tous prélèvements. Tout verser en salaire ne laisse que 39 226 € ; tout verser en dividendes, 44 076 €. La raison tient au coût du salaire d’un assimilé salarié : sur 20 000 € de budget, il arrive 11 277 € net sur le compte du président, soit 56 %, avant impôt sur le revenu. Un euro de bénéfice distribué en dividende paie d’abord l’impôt sur les sociétés, 15 % jusqu’à 42 500 €, puis le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : il en reste 58,3 %, et 51,5 % quand l’impôt sur les sociétés passe à 25 %. Le salaire garde un atout que le dividende n’a pas : il ouvre des droits à la retraite, alors qu’une rémunération nulle ne valide aucun trimestre.

La courbe du revenu selon la part en salaire

Le tableau fait varier, pour 80 000 € de bénéfice avant rémunération, la part du bénéfice affectée au salaire du président, cotisations patronales comprises. Le reste paie l’impôt sur les sociétés puis part intégralement en dividendes. Le revenu final intègre l’impôt sur le revenu d’une personne seule.

SASU, 80 000 € de bénéfice, libéral, personne seule, barèmes 2026
Part en salaireSalaire netDividendes netsImpôt sur le revenuRevenu disponible / an
0 %0 €44 076 €0 €44 076 €
20 %9 022 €35 844 €0 €44 865 €
40 %18 044 €27 612 €0 €45 655 €
60 %27 065 €18 659 €1 358 €44 367 €
80 %36 087 €9 330 €3 389 €42 028 €
100 %45 163 €0 €5 938 €39 226 €
Optimum : 41 %18 495 €27 200 €0 €45 695 €

La courbe monte d’abord, culmine puis redescend. Les premiers euros de salaire profitent de l’abattement de 10 % pour frais professionnels (fiche F1989) et des tranches basses de l’impôt sur le revenu ; passé un certain niveau, chaque euro supplémentaire de salaire coûte plus en cotisations et en impôt qu’il ne rapporterait sous forme de dividende. L’écart entre le pire et le meilleur partage dépasse 6 469 € par an.

Ce que devient un euro de bénéfice

Rendement de chaque voie, rémunération modeste, taux Urssaf 2026
Voie de sortiePrélèvementsReste pour 1 000 €
Salaire du président (net avant impôt sur le revenu)cotisations patronales et salariales, CSG-CRDS564 €
Dividende, bénéfice taxé à 15 %IS puis prélèvement forfaitaire de 31,4 %583 €
Dividende, bénéfice taxé à 25 %IS puis prélèvement forfaitaire de 31,4 %515 €

Le salaire semble presque à égalité avec le dividende, mais il supporte en plus l’impôt sur le revenu au barème, alors que le prélèvement forfaitaire de 31,4 % contient déjà 12,8 % d’impôt (fiche F32963). Le tableau se lit donc ainsi : un euro de salaire bat un dividende prélevé sur un bénéfice taxé à 25 %, mais pas un dividende issu de la tranche à 15 %, et seulement tant qu’il échappe presque entièrement à l’impôt sur le revenu. Au partage optimal pour 80 000 €, l’impôt sur le revenu du président est de 0 € : le moteur arrête le salaire là où il commencerait à être vraiment imposé.

L’optimum selon le niveau de bénéfice

Partage optimal trouvé par le moteur, pas de 1 %
BénéficePart en salaireSalaire netImpôt sur le revenuRevenu disponible / an
50 000 €15 %4 229 €0 €29 011 €
80 000 €41 %18 495 €0 €45 695 €
120 000 €27 %18 269 €0 €66 255 €
200 000 €16 %18 044 €0 €107 395 €

À partir de 80 000 € de bénéfice, le salaire net optimal reste compris entre 18 044 € et 18 495 € ; c’est la part qui baisse à mesure que le bénéfice grimpe. Sur un petit bénéfice, le moteur verse peu de salaire, car l’impôt sur les sociétés au taux réduit de 15 % rend le dividende plus efficace. Ces partages maximisent le revenu de l’année et rien d’autre.

Le prix des droits sociaux

Le président de SASU est assimilé salarié : son salaire cotise au régime général et finance sa retraite de base et complémentaire, mais jamais l’assurance chômage, réservée aux titulaires d’un contrat de travail. Les dividendes, eux, ne cotisent à rien. Une rémunération nulle ne valide aucun trimestre de retraite. Celui qui veut construire des droits accepte un revenu disponible plus bas : le tableau du haut chiffre ce renoncement année par année. Nous ne publions pas d’estimation de pension.

Deux réglages complètent ce calcul. Le coût d’un salaire donné, brut, cotisations et net, est détaillé sur les charges de SASU ; la fiscalité des dividendes, prélèvement forfaitaire ou option pour le barème, sur la flat tax sur les dividendes. Pour comparer avec un gérant d’EURL, dont les dividendes obéissent à d’autres règles, voir EURL ou SASU. Les montants sont des estimations calculées sur les barèmes publiés, sans valeur de conseil : l’Urssaf et l’administration fiscale établissent les sommes dues.

Les questions des indépendants

Quel partage entre salaire et dividendes pour 80 000 € de bénéfice en SASU ?

Le moteur retient 41 % du bénéfice en coût de salaire : 18 495 € de salaire net et 27 200 € de dividendes nets, soit 45 695 € par an pour une personne seule. L’impôt sur les sociétés tombe alors à 7 550 €. Calcul avec les taux 2026 de l’Urssaf et le prélèvement forfaitaire de 31,4 %, tout le reste étant distribué.

Pourquoi se verser un salaire en SASU si les dividendes rapportent plus ?

Pour les droits sociaux. Les dividendes de SASU ne supportent aucune cotisation et n’ouvrent donc ni trimestre de retraite ni indemnités journalières ; une rémunération nulle ne valide rien. Le salaire du président cotise au régime général, retraite de base et Agirc-Arrco comprises. En revanche, même avec un salaire, le président n’a pas d’assurance chômage, faute de contrat de travail (Urssaf).

Combien reste-t-il de 1 000 € de bénéfice versés en dividendes plutôt qu’en salaire ?

En dividende, 583 € si le bénéfice est taxé à 15 %, 515 € à 25 %, après prélèvement forfaitaire de 31,4 %. En salaire, environ 564 € net avant impôt sur le revenu, selon le moteur pour une rémunération modeste, l’impôt sur les sociétés n’étant pas dû puisque le salaire est une charge.

Le meilleur partage change-t-il au-delà de 42 500 € de bénéfice restant ?

Oui. Au-delà de 42 500 €, le bénéfice laissé dans la société paie 25 % d’impôt sur les sociétés au lieu de 15 %, ce qui rend chaque euro de salaire relativement plus intéressant. Le moteur donne ainsi 41 % en salaire pour 80 000 € de bénéfice, mais 16 % pour 200 000 €, le salaire net restant proche d’un même montant.

Tout prendre en salaire dans une SASU, combien cela coûte-t-il ?

Pour 80 000 € de bénéfice, tout verser en salaire laisse 39 226 € par an, contre 45 695 € au meilleur partage : 6 469 € de moins. Les cotisations atteignent alors 34 837 € et l’impôt sur le revenu 5 938 €. C’est le choix qui construit le plus de droits à la retraite, au prix d’un revenu disponible plus faible.

Le salaire du président fait-il baisser l’impôt sur les sociétés ?

Oui, son coût total, brut et cotisations patronales, se déduit du bénéfice. Pour 80 000 € de bénéfice sans aucun salaire, la SASU paie 15 750 € d’impôt sur les sociétés ; au partage optimal, 7 550 €. Le taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfice (service-public, fiche F23575).

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Textes et sources officielles

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