Artisan en micro-entreprise : ce que coûte chaque chantier en 2026
Même taux qu’un prestataire commercial, mais deux contributions plus lourdes et une exonération de CFE que beaucoup ignorent.
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Votre activité en chiffres
Net par mois, personne seule
3 030 €
| Taux de cotisations | 21,2 % |
| CFP + taxe de chambre par mois | 31 € |
| Impôt par mois | 90 € |
| Plafond annuel de l’activité | 83 600 € |
Un artisan en micro-entreprise, inscrit au répertoire des métiers pour une activité de services comme l’électricité, la plomberie, la menuiserie ou la serrurerie, cotise en 2026 à 21,2 % de son chiffre d’affaires encaissé. Il paie en plus la contribution à la formation professionnelle la plus élevée du régime, 0,3 %, et une taxe pour frais de chambre des métiers de 0,48 % sur ses prestations, contre 0,044 % pour un commerçant. Un plombier qui encaisse 45 000 € dans l’année verse ainsi 9 540 € de cotisations, 135 € de CFP et 216 € de taxe de chambre. Le plafond du régime est de 83 600 €, mais la franchise de TVA s’arrête bien plus tôt, à 37 500 €. Les fournitures et matériaux ne se déduisent pas : sur un chantier où ils pèsent lourd, le régime réel peut coûter moins. Bonne nouvelle en revanche pour l’artisan qui travaille seul ou avec des apprentis : il est exonéré de CFE de plein droit.
Artisan ou commerçant : ce que change l’inscription
Pour l’Urssaf, la prestation d’un électricien et celle d’un agent commercial relèvent de la même catégorie, les bénéfices industriels et commerciaux, avec le même taux de 21,2 %. La différence vient de l’inscription au répertoire des métiers, qui rattache l’artisan à la chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) plutôt qu’à la chambre de commerce. Deux contributions changent alors de niveau (service-public, taxes pour frais de chambres).
| Sur 45 000 € encaissés | Artisan (CMA) | Prestataire commercial (CCI) |
|---|---|---|
| Cotisations sociales | 9 540 € | 9 540 € |
| Formation professionnelle | 135 € (0,3 %) | 45 € (0,1 %) |
| Taxe pour frais de chambre | 216 € (0,48 %) | 20 € (0,044 %) |
| CFE | exonéré s’il travaille seul ou avec apprentis | due dès la deuxième année |
Une précision : les artisans d’Alsace et de Moselle paient une taxe de chambre plus élevée, que ce tableau ignore.
Ce qu’il reste selon le volume de chantiers
Le tableau suivant part d’un artisan seul, sans autre revenu dans le foyer, et donne le reste après prélèvements sociaux et impôt au barème. Les fournitures n’y sont pas déduites.
| Encaissé dans l’année | Cotisations | CFP et taxe CMA | Impôt | Reste | Par mois | TVA |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 25 000 € | 5 300 € | 195 € | 0 € | 19 505 € | 1 625 € | franchise |
| 45 000 € | 9 540 € | 351 € | 845 € | 34 264 € | 2 855 € | redevable |
| 70 000 € | 14 840 € | 546 € | 3 604 € | 51 010 € | 4 251 € | redevable |
Sur ces cotisations, 63,2 % financent la retraite de base et complémentaire depuis la nouvelle répartition de 2026 (décret du 8 septembre 2025), et 10,1 % la maladie. Les indemnités journalières en cas d’arrêt se calculent sur le chiffre d’affaires abattu de 50 %, pas sur le chiffre d’affaires brut.
Le poids des fournitures
Un artisan du bâtiment achète souvent ce qu’il pose. Reprenons le plombier à 45 000 € : si 15 000 € de ce montant correspondent à des tuyaux, robinets et chauffe-eau refacturés, ses cotisations restent de 9 540 €, calculées sur le tout. Après achats et impôt, il lui reste 19 264 €, 1 605 € par mois. Pour l’impôt, l’abattement de 50 % couvre forfaitairement ses frais ; tant que les fournitures restent en dessous de ce niveau, il y gagne. Un carreleur ou un menuisier qui fournit beaucoup de matière devrait comparer avec le régime réel, où l’on cotise sur le bénéfice.
La TVA arrive avant le plafond
Le régime micro accepte jusqu’à 83 600 € de prestations, mais la franchise de TVA s’arrête à 37 500 € (service-public, fiche F21746). Entre les deux, l’artisan reste micro-entrepreneur pour ses cotisations et doit pourtant facturer la TVA, demander un numéro de TVA intracommunautaire au service des impôts et reverser la TVA collectée, en déduisant celle payée sur ses achats. Pour un particulier qui commande des travaux, la facture grimpe d’autant. Au-delà de 41 250 € en cours d’année, la TVA est due dès le jour du dépassement. Voir la TVA de l’auto-entrepreneur.
Un artisan qui vend aussi des produits sans les poser, comme un menuisier qui vend des meubles, a une activité mixte : seuil global de 203 100 €, dont 83 600 € au plus pour les services, et taxe de chambre à 0,22 % sur la part vente.
L’exonération de CFE propre aux artisans
La cotisation foncière des entreprises est due par presque tous les micro-entrepreneurs à partir de la deuxième année. Service-public cite pourtant parmi les exonérations de plein droit les artisans qui travaillent seuls ou avec des apprentis (fiche F23547). Un artisan inscrit au répertoire des métiers sans l’être sur la liste électorale de la CCI échappe en outre à la taxe additionnelle de 1,12 %. Dès qu’il embauche un salarié autre qu’un apprenti, l’exonération tombe et le calcul de CFE par commune s’applique.
L’Acre pour un artisan qui se lance
Service-public prend justement l’exemple d’un électricien : avec l’Acre, il cotise à 15,9 % au lieu de 21,2 % s’il démarre à partir du 1er juillet 2026 (fiche F11677). Sur 30 000 € encaissés pendant la période, ses cotisations passent de 6 360 € à 4 770 €. La CFP et la taxe de chambre, elles, ne baissent pas. L’aide se demande dans les 60 jours et n’est ouverte qu’à certains publics : voir l’Acre en 2026.
Le versement libératoire pour un artisan
À 1,7 % du chiffre d’affaires, il remplace l’impôt au barème (Urssaf). Pour le plombier seul à 45 000 €, il coûterait 765 € contre 845 € d’impôt au barème : l’option ne se justifie qu’avec d’autres revenus dans le foyer ou un chiffre d’affaires plus élevé.
Ces résultats sont des estimations établies avec les taux 2026 ; l’Urssaf, la chambre des métiers et le service des impôts fixent les montants réels.