Les cotisations des travailleurs non salariés après la réforme
Entrepreneur individuel au réel ou gérant majoritaire d’EURL : une seule assiette, un abattement forfaitaire et un barème par risque.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
Vos cotisations de TNS en 2026
Total des cotisations
15 778 €
| Assiette après abattement | 37 000 € |
| Retraite (base + complémentaire) | 9 609 € |
| Maladie, indemnités, invalidité | 2 460 € |
| CSG-CRDS | 3 589 € |
| Taux sur le revenu | 31,6 % |
Un travailleur non salarié au réel, entrepreneur individuel ou gérant majoritaire d’EURL, paie en 2026 des cotisations calculées sur une assiette unique : son revenu professionnel brut, cotisations non déduites, diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %. Cet abattement ne descend pas sous 846 € et ne dépasse pas 62 478 €. Sur cette assiette s’appliquent la maladie, progressive jusqu’à 8,5 %, les indemnités journalières, la retraite de base à 17,87 % jusqu’au plafond de 48 060 €, la retraite complémentaire, l’invalidité-décès, les allocations familiales au-delà de 110 % du plafond et la CSG-CRDS à 9,7 %. Pour 50 000 € de revenu, l’assiette tombe à 37 000 € et l’ensemble atteint 15 778 €, formation professionnelle comprise, soit 31,6 % du revenu. Même sans revenu, des minimums restent dus : 1 255 € par an au total pour un commerçant ou un libéral non réglementé. La réforme, prévue par le décret n° 2024-688, s’applique pour la première fois à la régularisation des revenus 2025.
Qui cotise comme travailleur non salarié
Le sigle TNS désigne les indépendants qui ne relèvent ni du régime micro-social, ni du régime général. Sur ce site, cela couvre l’entrepreneur individuel au régime réel, le gérant associé unique d’EURL et le gérant majoritaire de SARL, dans l’artisanat, le commerce ou les professions libérales non réglementées. Les libéraux rattachés à la Cipav relèvent d’un autre barème de retraite et sortent du champ du mini-simulateur, comme les auto-entrepreneurs, qui paient un pourcentage de leur chiffre d’affaires.
Pour un gérant d’EURL à l’impôt sur les sociétés, le revenu soumis aux cotisations comprend sa rémunération, cotisations non déduites, et la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants d’associé (service-public, fiche F32963). C’est ce mécanisme qui fait des cotisations TNS le sujet central des « charges d’EURL ».
L’assiette unique depuis la réforme
Jusqu’ici, cotisations et CSG-CRDS reposaient sur deux bases différentes. La réforme de l’assiette sociale les fusionne : on prend le revenu brut, sans déduire les cotisations, puis on retire un abattement forfaitaire de 26 % (décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024). L’abattement est encadré : au moins 846 €, au plus 62 478 €, ce dernier montant n’étant atteint qu’au-delà de 240 300 € de revenu. Les taux ont été relevés en parallèle, de sorte que le niveau global de prélèvement change peu ; c’est la répartition qui se déplace vers la retraite.
Le barème 2026, risque par risque
| Risque | Taux 2026 | Sur quelle part de l’assiette |
|---|---|---|
| Maladie-maternité | 0 à 8,5 % | progressif jusqu’à 3 plafonds, puis 6,5 % |
| Indemnités journalières | 0,5 % | jusqu’à 5 plafonds |
| Retraite de base | 17,87 % | jusqu’à 48 060 €, puis 0,72 % |
| Retraite complémentaire | 8,1 % | jusqu’à 48 060 €, puis 9,1 % jusqu’à 4 plafonds |
| Invalidité-décès | 1,3 % | jusqu’à 48 060 € |
| Allocations familiales | 0 à 3,1 % | à partir de 110 % du plafond, plein à 140 % |
| CSG-CRDS | 9,7 % | toute l’assiette, dont 6,8 % déductible |
| Formation professionnelle | 0,25 % | du plafond (0,29 % pour un artisan) |
La maladie est le seul poste vraiment progressif : nulle sous 20 % du plafond, elle grimpe par paliers jusqu’à 8,5 % vers trois plafonds, puis retombe à 6,5 % sur la part qui dépasse. Les taux viennent de la page taux et barèmes 2026 de l’Urssaf.
Cinq revenus, cinq factures
| Revenu avant cotisations | Assiette après abattement | Cotisations totales | Part du revenu |
|---|---|---|---|
| 20 000 € | 14 800 € | 5 808 € | 29,0 % |
| 35 000 € | 25 900 € | 10 663 € | 30,5 % |
| 50 000 € | 37 000 € | 15 778 € | 31,6 % |
| 80 000 € | 59 200 € | 25 117 € | 31,4 % |
| 120 000 € | 88 800 € | 35 694 € | 29,7 % |
Le taux effectif dessine une cloche très aplatie, entre 29,0 % et 31,6 % sur ces cinq revenus. Il monte d’abord avec la maladie progressive, puis redescend au-dessus du plafond, quand la retraite de base tombe à 0,72 %. Sous quelques milliers d’euros de revenu, en revanche, les minimums le font grimper en flèche. Le mini-simulateur en haut de page détaille votre propre cas.
Le détail pour 50 000 €
Un consultant en entreprise individuelle dégage 50 000 € avant cotisations. Après l’abattement de 13 000 €, son assiette est de 37 000 €. Il verse 6 612 € de retraite de base, 2 997 € de complémentaire, 1 794 € de maladie, 185 € d’indemnités journalières, 481 € d’invalidité-décès, 3 589 € de CSG-CRDS et 120 € de formation. Aucune allocation familiale n’est due, l’assiette restant sous 110 % du plafond. Il conserve 34 222 € avant impôt.
Artisan ou commerçant
Le barème est commun, à une ligne près : la contribution à la formation professionnelle. À 35 000 € de revenu, un artisan paie 10 682 €, un commerçant 10 663 €.
Minimums, démarrage et Acre
Un indépendant sans revenu ou presque doit malgré tout 1 255 € par an : 967 € de retraite de base, calculés sur 5 409 €, 96 € d’indemnités journalières, 72 € d’invalidité-décès et 120 € de formation. Ces minimums tombent pour les bénéficiaires du RSA ou de la prime d’activité.
La première année, l’Urssaf ne connaît pas encore le revenu. Elle appelle des cotisations provisoires sur une base forfaitaire, puis les régularise d’après la déclaration de revenus. Le décalage peut être sensible quand l’activité démarre vite : garder une réserve évite la surprise du rappel.
Avec l’Acre, accordée sur demande depuis 2026, un quart des cotisations maladie, indemnités journalières, allocations familiales, retraite de base et invalidité-décès est exonéré tant que l’assiette ne dépasse pas 36 045 €, puis l’avantage diminue jusqu’à s’éteindre à 48 060 €. Pour 30 000 € de revenu, la facture passe de 8 943 € à 7 725 €.
Comparer avec les autres cadres
À rémunération égale, le TNS cotise moins qu’un président de SASU, dont le détail figure sur les charges en SASU, mais sa protection diffère. Face à la micro-entreprise, le réel gagne quand les frais sont élevés : voir micro ou réel. Pour l’arbitrage entre rémunération et dividendes d’un gérant, voir les dividendes d’EURL et le simulateur EURL.
Ces chiffres restent des estimations construites sur les barèmes publiés : seule l’Urssaf arrête vos cotisations, et un conseil personnalisé reste nécessaire pour un cas particulier.