Portage salarial ou micro-entreprise : le même TJM, deux revenus
Le portage transforme votre chiffre d’affaires en salaire de cadre ; la micro-entreprise le taxe directement. Voici l’écart, mission par mission.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
Portage ou micro-entreprise pour votre TJM
Écart par mois
1 045 €
| Portage, net par mois | 2 794 € |
| Micro libérale, net par mois | 3 839 € |
| Chiffre d’affaires annuel | 72 000 € |
Le portage ouvre des droits au chômage et cotise davantage pour la retraite.
À tarif égal, la micro-entreprise laisse plus d’argent que le portage salarial, parce que le salaire porté supporte les cotisations patronales et salariales d’un cadre, en plus des frais de gestion de la société de portage. À 400 € par jour sur 180 jours, soit 72 000 € de chiffre d’affaires, un consultant seul garde 3 839 € par mois après impôt en micro-entreprise libérale, contre 2 854 € en portage avec 5 % de frais de gestion et 2 750 € avec 10 %. Ces taux de frais sont des hypothèses : chaque société de portage fixe les siens par contrat et aucun barème officiel n’existe. L’écart achète un statut de salarié, des cotisations de retraite plus fortes et l’assurance chômage. Il a aussi des limites dans l’autre sens : la micro-entreprise ne tient que sous le plafond de 83 600 € de chiffre d’affaires, et le portage exige un salaire brut d’au moins 2 517,13 € par mois, que la mission doit financer.
Deux mécaniques opposées
En micro-entreprise, vous facturez vous-même, et l’Urssaf prélève un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé : 25,6 % pour une activité libérale non réglementée en 2026 (Urssaf, l’essentiel du statut). Le reste, après impôt, est à vous. En portage salarial, c’est la société de portage qui facture votre client. Elle retient ses frais de gestion, puis consacre le solde à votre salaire : cotisations patronales, cotisations salariales, et enfin le net (service-public, fiche F31620). Le salarié porté relève toujours de la catégorie cadre.
La différence de net vient donc de deux postes : les frais de gestion, qui n’existent pas en micro, et des cotisations sociales plus lourdes, car le salaire d’un cadre finance davantage de risques. L’impôt sur le revenu joue aussi : le salaire bénéficie d’un abattement de 10 %, le chiffre d’affaires libéral de 34 %.
Trois missions comparées
Les chiffres ci-dessous sont calculés par le moteur pour une personne seule sans autre revenu, sans frais professionnels. Le passage du salaire au net suit une grille calculée avec le modèle publié par l’Urssaf. Les deux taux de frais de gestion sont des hypothèses de saisie, choisies pour encadrer le calcul : aucun barème officiel ne les fixe.
| Mission | Chiffre d’affaires | Portage, frais 5 % | Portage, frais 10 % | Micro-entreprise libérale |
|---|---|---|---|---|
| 300 € × 160 jours | 48 000 € | 2 149 € | 2 070 € | 2 751 € |
| 400 € × 180 jours | 72 000 € | 2 854 € | 2 750 € | 3 839 € |
| 500 € × 180 jours | 90 000 € | 3 405 € | 3 257 € | plafond dépassé |
À 500 € par jour sur 180 jours, le chiffre d’affaires de 90 000 € dépasse le plafond de la micro-entreprise : une année isolée est tolérée, deux années consécutives font basculer au régime réel (service-public, fiche F32353). Le portage, lui, continue de fonctionner, avec 3 405 € par mois dans l’hypothèse basse de frais.
Ce que l’écart achète
Le salarié porté n’est pas un indépendant. Son salaire supporte les contributions d’assurance chômage, une retraite complémentaire de cadre et la prévoyance, que la micro-entreprise ne finance pas. Sur une mission à 400 € par jour, la protection supplémentaire coûte 984 € de net par mois avec 5 % de frais. C’est ce montant qu’il faut mettre en regard de la valeur que vous accordez à ces garanties.
Le contrat de portage prévoit aussi, en CDI, une réserve financière égale à 10 % du salaire de base de la dernière mission, destinée aux périodes sans client, et la rémunération inclut une prime d’apport d’affaires de 5 %. Ces mécanismes lissent un peu les creux, ce que la micro-entreprise ne fait pas : sans encaissement, rien n’est dû, mais rien n’est versé non plus.
Le seuil d’entrée du portage
Le portage salarial n’est pas ouvert à tout chiffre d’affaires. La rémunération brute du porté ne peut pas descendre sous 2 517,13 € par mois. Avec nos deux hypothèses de frais, la mission doit rapporter au moins 40 400 € par an à 5 %, 42 700 € à 10 %. Une activité qui démarre doucement, avec quelques jours par mois, ne remplit pas cette condition et relève plutôt de la micro-entreprise.
Le porté doit également justifier d’une qualification ou d’une expérience minimale et trouver lui-même ses clients ; les conditions détaillées et le chemin complet de l’argent sont sur le simulateur de portage salarial.
Choisir selon votre situation
Le portage convient à qui veut tester une activité d’indépendant sans quitter le salariat, avec un chiffre d’affaires suffisant pour atteindre le salaire minimal. La micro-entreprise convient à un démarrage progressif ou à une activité dont le chiffre d’affaires reste sous le plafond, et elle laisse davantage de net. Entre les deux, d’autres cadres existent : le guide du statut freelance les met côte à côte, et la page auto-entrepreneur en profession libérale détaille le régime micro des consultants.
Les montants affichés sont des estimations, établies avec des frais de gestion supposés : ni l’Urssaf, ni une société de portage, ni l’administration fiscale ne sont engagées par ce calcul, qui ne remplace pas un conseil adapté à votre contrat.