Entrepreneur individuel au réel : ce que coûte et rapporte le bénéfice
Sans société et sans plafond, l’entreprise individuelle au réel cotise sur ce que vous gagnez vraiment, frais déduits.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
Votre net en entreprise individuelle au réel
Net par mois après impôt
2 919 €
| Bénéfice avant cotisations | 60 000 € |
| Cotisations et CSG-CRDS | 19 252 € |
| Taux sur le bénéfice | 32,1 % |
| Impôt (personne seule) | 5 715 € |
Un entrepreneur individuel au réel paie en 2026 environ 32 % de son bénéfice en cotisations sociales et CSG-CRDS : pour 50 000 € de bénéfice avant cotisations, le moteur compte 15 778 € de prélèvements sociaux, 3 692 € d’impôt sur le revenu pour une personne seule, et laisse 30 529 € dans l’année. Contrairement au micro-entrepreneur, il déduit ses frais réels et cotise sur le résultat, pas sur le chiffre d’affaires. Depuis la réforme appliquée en 2026, l’Urssaf calcule toutes les cotisations et la CSG-CRDS sur une seule assiette : le bénéfice avant cotisations diminué d’un abattement de 26 %. Le barème est progressif pour la maladie et les allocations familiales, la retraite de base vaut 17,87 % jusqu’au plafond de la Sécurité sociale de 48 060 €, la complémentaire 8,1 %. Même sans aucun bénéfice, des cotisations minimales restent dues, soit 1 255 € par an selon le moteur. Le bénéfice est ensuite imposé au barème progressif, au nom de l’entrepreneur, sans impôt sur les sociétés.
Ce que coûte un bénéfice, palier par palier
Le tableau suit un entrepreneur individuel au réel, commerçant ou libéral non réglementé, du petit bénéfice à l’activité bien installée. « Bénéfice » s’entend avant cotisations, frais déduits. Le net est ce qui reste après cotisations et impôt sur le revenu pour une personne seule sans autre revenu.
| Bénéfice avant cotisations | Cotisations et CSG-CRDS | Taux sur le bénéfice | Impôt sur le revenu | Net par an |
|---|---|---|---|---|
| 10 000 € | 2 952 € | 29,5 % | 0 € | 7 048 € |
| 25 000 € | 7 312 € | 29,2 % | 161 € | 17 526 € |
| 40 000 € | 12 419 € | 31,0 % | 1 794 € | 25 788 € |
| 60 000 € | 19 252 € | 32,1 % | 5 715 € | 35 033 € |
| 90 000 € | 28 389 € | 31,5 % | 12 167 € | 49 444 € |
| 150 000 € | 42 992 € | 28,7 % | 28 994 € | 78 015 € |
Le taux global reste compris entre 28,7 % et 32,1 % sur toute la plage. Il grimpe au milieu du tableau, à mesure que le taux maladie progresse et que les allocations familiales entrent en jeu au-delà de 110 % du plafond, puis il redescend pour les gros bénéfices, une fois dépassé le plafond où la retraite de base passe à 0,72 %.
L’assiette unique depuis la réforme
Jusqu’en 2025, les cotisations et la CSG-CRDS d’un indépendant avaient chacune leur propre base. La réforme de l’Urssaf, prévue par le décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024, les a fondues en une seule : le revenu professionnel, cotisations non déduites, moins 26 %. Cet abattement ne peut pas descendre sous 1,76 % du plafond annuel ni dépasser 130 % de ce plafond, soit 62 478 € : il cesse donc de croître au-delà d’environ 240 300 € de bénéfice. La réforme s’applique depuis la régularisation des revenus 2025, réalisée en 2026.
Le détail pour 50 000 € de bénéfice
| Poste | Montant |
|---|---|
| Assiette après abattement | 37 000 € |
| Maladie-maternité (taux progressif) | 1 794 € |
| Indemnités journalières (0,5 %) | 185 € |
| Retraite de base (17,87 %) | 6 612 € |
| Retraite complémentaire (8,1 %) | 2 997 € |
| Invalidité-décès (1,3 %) | 481 € |
| Allocations familiales | 0 € |
| CSG-CRDS (9,7 %) | 3 589 € |
| Formation professionnelle | 120 € |
| Total | 15 778 € |
La cotisation maladie est nulle sous 20 % du plafond annuel, puis monte par paliers jusqu’à 8,5 % à 3 fois ce plafond. Les allocations familiales suivent la même logique : rien sous 110 % du plafond, 3,1 % à partir de 140 %. Sur la CSG-CRDS de 9,7 %, 6,8 % se déduisent du revenu imposable.
Le calendrier : provisoire, puis régularisé
C’est la différence qui surprend le plus les anciens micro-entrepreneurs. En micro, la cotisation est définitive le jour où vous déclarez vos recettes. Au réel, l’Urssaf appelle des montants provisoires puis les ajuste lorsque le bénéfice définitif est connu. Au tout début, faute d’historique, elle se fonde sur des bases forfaitaires (Urssaf), et les premiers prélèvements n’arrivent qu’après un délai de démarrage. Une première année rentable se paie donc en partie plus tard : mettre de côté une part de chaque encaissement évite la mauvaise surprise de la régularisation.
L’impôt : le bénéfice au nom de l’entrepreneur
L’entreprise individuelle ne paie pas d’impôt sur les sociétés. Son bénéfice, cotisations déduites sauf la CSG-CRDS non déductible, s’ajoute aux autres revenus du foyer et passe au barème progressif 2026 : 11 % à partir de 11 600 € par part, 30 % au-delà de 29 579 €. Pour 50 000 € de bénéfice, le revenu imposable retenu par le moteur est de 35 295 €. Le mini-simulateur en haut de page refait ce calcul avec votre chiffre d’affaires et vos charges.
Quand l’EI au réel est le bon choix
Elle convient à qui a des frais importants mais ne veut pas créer de société : un artisan qui achète du matériel, un consultant qui loue un bureau, un commerçant dont les achats pèsent lourd. Elle n’a pas de plafond de chiffre d’affaires. Face à la micro-entreprise, le calcul se fait sur micro ou réel. Face à une société, l’EURL à l’impôt sur les sociétés garde le même régime social : pour 60 000 € de recettes et 15 000 € de frais, le moteur donne 28 247 € en EI et 29 082 € en EURL, un écart qui doit couvrir les frais propres à une société. Le détail du barème est sur les cotisations TNS.
Deux limites du calcul. Les professions libérales réglementées affiliées à la Cipav ou à une autre caisse ont un barème de retraite propre, que ce simulateur ne traite pas. Le mini-simulateur n’applique pas l’Acre, dont l’effet est chiffré plus haut dans la FAQ. Ces montants sont des estimations, pas un conseil personnalisé : l’Urssaf et le service des impôts fixent ce que vous devez.