Facturer une prestation de service en micro-entreprise
Ce qu’il faut demander au client pour qu’il vous reste la somme voulue, et ce qui change selon la nature de la prestation.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
Le prix à facturer pour garder un net voulu
Prix hors taxe à facturer
1 348 €
| Cotisations, CFP et taxe incluses | 25,8 % |
| Part prélevée sur la prestation | 348 € |
Avant impôt sur le revenu, qui dépend de votre foyer.
Pour garder 1 000 € sur une prestation de service facturée en micro-entreprise en 2026, il faut demander 1 348 € hors taxe si la prestation est libérale (BNC), 1 271 € si c’est un service commercial (BIC) et 1 282 € pour un artisan. L’écart vient des prélèvements calculés sur le prix : 25,6 % de cotisations plus 0,2 % de contribution à la formation en libéral, 21,2 % plus la contribution à la formation et la taxe de chambre en BIC. Avec le versement libératoire, à 2,2 % en libéral, le prix monte à 1 389 €. Tant que le chiffre d’affaires reste sous le seuil de franchise des services, 37 500 €, ou sous le seuil majoré de 41 250 € en cours d’année, la prestation se facture sans TVA, avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Le plafond du régime pour les services est de 83 600 €. Ces montants sont des estimations avant impôt au barème, sans valeur de conseil personnalisé.
Le prix part du net, pas l’inverse
En micro-entreprise, tout ce que le client paie hors taxe est du chiffre d’affaires, et l’Urssaf prélève un pourcentage fixe dessus (Urssaf, l’essentiel du statut). Pour une prestation, la question utile est donc : quel prix demander pour que la somme voulue reste après ces prélèvements ? Le calcul est simple, le net divisé par un moins le taux total, mais le taux dépend de la nature de la prestation. Le tableau donne le résultat pour quatre montants.
| Net voulu | Service commercial (BIC) | Artisan (BIC) | Libéral (BNC) | Libéral avec versement libératoire |
|---|---|---|---|---|
| 500 € | 636 € | 641 € | 674 € | 694 € |
| 1 000 € | 1 271 € | 1 282 € | 1 348 € | 1 389 € |
| 2 500 € | 3 178 € | 3 204 € | 3 369 € | 3 472 € |
| 5 000 € | 6 357 € | 6 409 € | 6 739 € | 6 944 € |
Les taux appliqués : 21,34 % en service commercial, 21,98 % pour un artisan, 25,8 % en libéral, et 28,0 % en libéral avec versement libératoire. L’artisan paie un peu plus qu’un commerçant pour le même service, à cause de la contribution à la formation de 0,3 % et de la taxe de chambre des métiers de 0,48 % (service-public, fiche F32847).
BIC ou BNC : la nature de la prestation décide
Le même mot, prestation de service, recouvre deux catégories. Les prestations commerciales ou artisanales, comme un dépannage, un nettoyage, une réparation, relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Les activités libérales non réglementées, comme le conseil ou le graphisme exercés en libéral, relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC). Certaines professions réglementées dépendent de la Cipav, avec un taux de 23,2 %. La catégorie découle de l’activité déclarée à l’inscription et se retrouve sur chaque déclaration.
L’écart ne s’arrête pas aux cotisations. Pour l’impôt au barème, l’abattement forfaitaire est de 50 % en BIC et 34 % en BNC (service-public, fiche F23267). Sur 40 000 € de prestations, le revenu imposable est de 20 000 € en BIC contre 26 400 € en BNC. Une prestation libérale est donc à la fois plus cotisée et plus imposée qu’un service commercial du même montant. Les métiers concernés sont détaillés sur l’auto-entrepreneur en profession libérale et l’auto-entrepreneur artisan.
Une mission de 3 000 €, ligne par ligne
Un consultant facture 3 000 € hors taxe pour une mission de conseil. En libéral, l’Urssaf prélève 768 € de cotisations et 6 € de contribution à la formation, ce qui lui laisse 2 226 €. S’il a opté pour le versement libératoire, 66 € s’ajoutent et l’impôt sur ce montant est réglé. Sinon, l’impôt viendra l’année suivante, sur le revenu après abattement.
La même somme encaissée pour un service commercial laisse 2 360 € après 636 € de cotisations, 3 € de contribution à la formation et 1 € de taxe de chambre. Pour raisonner en tarif journalier plutôt qu’au forfait, passez par le calcul du TJM.
La facture : ce qu’elle doit dire sur la TVA
Tant que vous bénéficiez de la franchise en base, vous facturez sans TVA et portez sur chaque facture la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Pour les prestations de services, la franchise vaut jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires l’année précédente, avec un seuil majoré de 41 250 € dans l’année en cours (service-public, fiche F21746). Ces seuils sont bien plus bas que ceux de la vente, 85 000 € et 93 500 €.
Le piège propre aux services est la grosse facture de fin d’année. Un prestataire qui a encaissé 39 000 € est entre le seuil et le seuil majoré ; une mission de 3 000 € de plus le porte à 42 000 €, au-delà du seuil majoré. La TVA est alors due dès le jour du dépassement : la facture concernée doit la faire apparaître. Il faut ensuite un numéro de TVA intracommunautaire, demandé au service des impôts des entreprises, et tenir le compte de la TVA collectée et de la TVA déductible. Le chiffre d’affaires déclaré à l’Urssaf, lui, reste hors taxe. Le détail est sur la TVA de l’auto-entrepreneur.
Le plafond des services et l’activité mixte
Le régime micro accepte jusqu’à 83 600 € de prestations de services par an (service-public, fiche F32353). Si vous vendez aussi des marchandises, le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, dont au plus 83 600 € de services : le seuil n’est pas doublé. Chaque part garde son taux et son abattement, avec un abattement minimal de 610 € au total. Un dépassement isolé du plafond est toléré, deux années de suite font sortir du régime ; voir les plafonds.
Fixer son prix sans se tromper
Trois réflexes. Raisonner hors taxe, puisque la TVA éventuelle n’est jamais à vous. Intégrer le versement libératoire au prix si vous l’avez choisi, car il est payé en même temps que les cotisations ; pour savoir s’il est avantageux, voir versement libératoire. Et ajouter au prix vos frais réels de la mission, déplacement ou matériel, que le régime micro ne déduit pas. Le mini-simulateur en haut de page fait le calcul pour votre propre net. Les résultats sont des estimations : l’Urssaf et l’administration fiscale fixent les montants réellement dus.