Dividendes d’EURL : ce que la règle des 10 % prélève vraiment

Pour le gérant majoritaire, un dividende peut supporter à la fois l’impôt et les cotisations d’indépendant ; tout se joue sur le montant du capital.

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Dividendes d’EURL : la part qui supporte des cotisations

Dividendes nets en poche

10 683 €

Part au-delà de 10 % du capital19 500 €
Cotisations sur cette part6 664 €
Impôt et prélèvements sociaux2 653 €
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Le gérant majoritaire d’une EURL soumise à l’impôt sur les sociétés paie en 2026 des cotisations de travailleur indépendant sur la part de ses dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes laissées en compte courant d’associé, en plus de l’impôt. Avec 5 000 € de capital, seuls 500 € de dividendes y échappent : sur 20 000 € distribués à côté d’une rémunération de 30 000 €, 19 500 € entrent dans l’assiette sociale et coûtent 6 664 € de cotisations supplémentaires, selon notre moteur. L’impôt de 12,8 % de la flat tax reste dû sur tout le dividende ; les prélèvements sociaux de 18,6 % ne portent que sur la part non soumise aux cotisations. Au final, il reste 10 683 € au gérant, contre 13 720 € pour un président de SASU au même dividende. Plus le capital et les comptes courants sont élevés, plus la part libre de cotisations grandit : il faudrait 200 000 € de capital et d’apports pour distribuer 20 000 € sans aucune cotisation. C’est pourquoi un gérant d’EURL se rémunère surtout par sa rémunération de gérance.

La règle des 10 % en une phrase

Pour un gérant majoritaire d’EURL ou de SARL soumise à l’impôt sur les sociétés, le revenu soumis aux cotisations comprend sa rémunération et les dividendes qui dépassent 10 % du capital social, des primes d’émission et des comptes courants d’associé (Urssaf, réforme de l’assiette ; service-public, fiche F32963). La part en dessous de ce seuil est un dividende ordinaire, taxé à la flat tax. La part au-dessus est traitée, pour l’Urssaf, comme un complément de rémunération.

Le seuil dépend de ce qui figure au bilan : 1 000 € de capital ouvrent 100 € de dividendes libres de cotisations, 50 000 € en ouvrent 5 000 €. Il ne s’agit pas d’un plafond de distribution, mais de la limite au-delà de laquelle le dividende change de régime social.

Ce que coûtent 20 000 € de dividendes selon le capital

20 000 € de dividendes, gérant déjà rémunéré 30 000 € par an, barème Urssaf 2026
Capital et comptes courantsPart soumise aux cotisationsCotisations en plusImpôt et prélèvements sociauxNet en poche
1 000 €19 900 €6 801 €2 579 €10 621 €
5 000 €19 500 €6 664 €2 653 €10 683 €
20 000 €18 000 €6 154 €2 932 €10 914 €
50 000 €15 000 €5 141 €3 490 €11 369 €
100 000 €10 000 €3 475 €4 420 €12 105 €
200 000 €0 €0 €6 280 €13 720 €

La différence entre la première et la dernière ligne, 3 099 €, vient uniquement du capital. Les cotisations supplémentaires suivent le barème des indépendants appliqué à la rémunération augmentée de la part soumise, après l’abattement de 26 % ; leur poids dépend donc aussi du niveau de rémunération déjà versé. Le mini-simulateur en haut de page fait varier les trois paramètres.

Pourquoi les prélèvements sociaux baissent

La flat tax de 31,4 % associe 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur la fraction déjà soumise aux cotisations de gérant, qui incluent la CSG-CRDS, le moteur ne compte pas une seconde fois les prélèvements sociaux. L’impôt de 12,8 %, lui, s’applique à tout le dividende. Résultat : avec un petit capital, la ligne « impôt et prélèvements » est faible, mais la ligne « cotisations » la dépasse largement.

Le capital, levier principal

Pour distribuer 20 000 € sans aucune cotisation, il faudrait 200 000 € de capital, de primes d’émission et de comptes courants. Le compte courant d’associé, c’est-à-dire l’argent que le gérant prête à sa société, compte dans cette base au même titre que le capital. Un gérant qui laisse 45 000 € en compte courant à côté de 5 000 € de capital ramène la part soumise à 15 000 € et ses cotisations supplémentaires à 5 141 €.

Sur l’année, le moteur intègre cette règle quand il cherche le meilleur partage. Pour 200 000 € de bénéfice :

EURL à l’IS, 200 000 € de bénéfice, personne seule, tout distribué
CapitalPart en rémunérationRémunération netteDividendes netsRevenu disponible / an
1 000 €65 %91 843 €35 583 €108 706 €
20 000 €65 %91 843 €35 705 €108 828 €
100 000 €65 %91 843 €36 210 €109 333 €

À ce niveau de bénéfice, le moteur distribue quand même une partie, car le bénéfice laissé dans la société profite de l’impôt sur les sociétés à 15 % jusqu’à 42 500 €. Un capital plus élevé améliore le résultat, mais l’effet reste limité face au poids de la rémunération.

EURL ou SASU pour qui veut des dividendes

Le président de SASU n’a pas de règle des 10 % : ses dividendes ne supportent que la flat tax, quel que soit le capital. Pour 20 000 € de dividendes, il garde 13 720 €, contre 10 683 € pour le gérant d’EURL au capital de 5 000 €. Cet avantage se paie ailleurs, par un salaire plus coûteux en cotisations : le bilan complet est sur EURL ou SASU, la décomposition de la flat tax sur la flat tax des dividendes et le détail du barème sur les cotisations TNS. Le calcul complet se fait dans le simulateur d’EURL.

Ces montants sont des estimations à partir des barèmes 2026 et ne constituent pas un conseil : l’Urssaf calcule les cotisations dues et l’administration fiscale l’impôt.

Les questions des indépendants

Quelle part des dividendes d’EURL supporte des cotisations sociales ?

Celle qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des comptes courants d’associé, pour un gérant majoritaire (service-public, fiche F32963). Avec 5 000 € de capital et 20 000 € de dividendes, 19 500 € sont soumis aux cotisations de travailleur indépendant. Le reste, 500 €, ne supporte que la flat tax de 31,4 %.

Quel capital faut-il pour verser 20 000 € de dividendes d’EURL sans cotisations ?

200 000 € de capital, primes d’émission et comptes courants réunis, puisque seuls 10 % de cette somme échappent aux cotisations. Pour 10 000 € de dividendes, il en faudrait 100 000 €. La plupart des EURL ont un capital bien plus faible : avec 1 000 €, la franchise ne dépasse pas 100 €.

Un apport en compte courant d’associé réduit-il les cotisations sur les dividendes ?

Oui, car les comptes courants comptent dans la base des 10 %. Un gérant qui laisse 45 000 € sur son compte courant en plus de 5 000 € de capital fait passer la part soumise de 19 500 € à 15 000 € pour 20 000 € de dividendes. Ses cotisations supplémentaires baissent de 6 664 € à 5 141 €, selon le moteur.

Combien coûtent 20 000 € de dividendes d’EURL en cotisations, avec 30 000 € de rémunération ?

Avec 5 000 € de capital, le moteur ajoute 6 664 € de cotisations, soit 34,2 % de la part soumise : elle s’additionne à la rémunération dans le revenu brut social, puis subit l’abattement de 26 % et le barème 2026. S’y ajoutent 2 653 € d’impôt et de prélèvements sociaux. Le gérant garde 10 683 €.

Gérant d’EURL : se payer en dividendes ou en rémunération ?

Surtout en rémunération, tant que le capital est faible. Pour 60 000 € de bénéfice et 1 000 € de capital, le moteur verse 99 % du bénéfice en rémunération. À 200 000 €, il distribue davantage, 35 % du bénéfice, parce que l’impôt sur les sociétés à 15 % sur les premiers 42 500 € rend la distribution rentable malgré les cotisations.

Les dividendes d’EURL soumis aux cotisations paient-ils aussi la flat tax ?

En partie. Les 12,8 % d’impôt sur le revenu s’appliquent à tout le dividende ; les 18,6 % de prélèvements sociaux ne visent, dans le moteur, que la part non soumise aux cotisations, la CSG-CRDS étant déjà prélevée avec celles-ci. Pour 20 000 € et 1 000 € de capital, la flat tax tombe ainsi à 2 579 € au lieu de 6 280 €.

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