Micro-entreprise ou régime réel : à partir de quels frais changer

La micro taxe ce que vous encaissez, le réel ce que vous gagnez vraiment : tout se joue sur le poids de vos dépenses.

Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul

Micro ou réel avec vos frais

Le réel rapporte en plus

3 711 €

Net micro-entreprise24 536 €
Net EI au réel28 247 €
Cotisations au réel14 084 €

Hors frais de comptabilité du réel, à retrancher de son net.

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Le choix entre micro-entreprise et régime réel se joue sur les frais. En micro, les cotisations sont un pourcentage du chiffre d’affaires, 25,6 % en libéral en 2026, et l’impôt porte sur ce chiffre d’affaires après un abattement forfaitaire, quelles que soient les dépenses. Au réel, en entreprise individuelle, cotisations et impôt se calculent sur le bénéfice : depuis la réforme de l’assiette des indépendants, les cotisations portent sur ce bénéfice diminué de 26 %. Le point de bascule arrive plus tôt qu’on ne le croit. D’après le moteur du site, pour une personne seule sans autre revenu, une consultante libérale qui encaisse 70 000 € laisse davantage au réel dès 10 000 € de frais annuels, soit 14 % de son chiffre d’affaires, bien moins que l’abattement fiscal de 34 %. Un menuisier à 50 000 € bascule vers 14 500 € d’achats. Une boutique en ligne, avec son taux de 12,3 %, reste en micro jusqu’à des frais très élevés.

Deux façons de mesurer le revenu

La micro-entreprise ne connaît que le chiffre d’affaires encaissé. Les cotisations en sont un pourcentage fixe, et l’impôt porte sur ce chiffre d’affaires après un abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité (service-public, fiche F23267). Vos dépenses réelles n’apparaissent nulle part.

Le régime réel part du bénéfice : recettes moins frais. Pour les cotisations sociales, ce bénéfice est réduit d’un abattement de 26 %, borné entre 1,76 % et 130 % du plafond de la sécurité sociale, puis soumis au barème des indépendants (Urssaf, réforme de l’assiette ; décret n° 2024-688). Pour l’impôt, le bénéfice rejoint le revenu du foyer. La différence fondamentale tient en une phrase : au réel, chaque euro dépensé pour l’activité allège à la fois les cotisations et l’impôt ; en micro, il n’allège rien.

Le point de bascule, métier par métier

Le moteur du site cherche, pour chaque profil, le montant de frais annuels au-delà duquel l’entreprise individuelle au réel laisse plus en poche que la micro-entreprise, impôt compris, pour une personne seule sans autre revenu.

Frais réels à partir desquels le réel l’emporte en 2026, calculés par le moteur
ProfilChiffre d’affairesFrais de basculeEn part du CAAbattement fiscal micro
Rédacteur (libéral)30 000 €3 500 €12 %34 %
Consultante (libéral)70 000 €10 000 €14 %34 %
Agent commercial (services BIC)50 000 €15 250 €31 %50 %
Menuisier (artisan)50 000 €14 500 €29 %50 %
Boutique en ligne (vente)120 000 €72 000 €60 %71 %

Deux enseignements. En libéral, la bascule survient à une part de frais très inférieure à l’abattement de 34 % : le taux de cotisations de la micro, 25,6 %, est lourd, et le réel en efface une partie dès les premiers frais. En vente, c’est l’inverse : le taux de 12,3 % et l’abattement de 71 % protègent la micro jusqu’à des frais considérables. Les professions relevant de la Cipav ne figurent pas dans ce tableau : leur régime réel dépend de leur caisse et sort du champ du simulateur.

Un menuisier face à ses achats

Un menuisier artisan encaisse 50 000 € par an. Selon ce qu’il dépense en bois, quincaillerie et outillage, voici ce qu’il garde dans chaque régime.

Menuisier à 50 000 € de chiffre d’affaires : net annuel après impôt selon les frais, calculé par le moteur
Frais réelsNet en microNet au réelCotisations microCotisations réelÉcart réel moins micro
0 €37 766 €30 516 €10 990 €15 798 €-7 250 €
5 000 €32 766 €28 234 €10 990 €14 104 €-4 532 €
10 000 €27 766 €25 772 €10 990 €12 438 €-1 995 €
15 000 €22 766 €23 063 €10 990 €10 682 €297 €
20 000 €17 766 €20 324 €10 990 €8 963 €2 558 €
25 000 €12 766 €17 510 €10 990 €7 332 €4 744 €

Les cotisations de la micro ne bougent pas, quelle que soit la dépense ; celles du réel fondent à mesure que le bénéfice baisse. Sans achats, le réel coûte cher : le menuisier y perdrait 7 250 €. À 20 000 € de frais, il y gagne 2 558 €. Le point d’équilibre se situe vers 14 500 €.

Ce que le tableau ne montre pas

Le réel demande une tenue de comptes plus complète, dont le coût n’est pas retranché ici : à vous de le comparer à l’écart obtenu. Le calendrier change aussi. En micro, les cotisations versées avec chaque déclaration sont définitives. Au réel, l’Urssaf appelle des cotisations provisoires, puis les régularise une fois le revenu connu (Urssaf, taux 2026 des indépendants). Et une année blanche n’est pas gratuite : avec un bénéfice nul, le moteur compte 1 255 € de cotisations minimales, dont 967 € pour la retraite de base, quand la micro ne demande rien sans chiffre d’affaires.

Le détail des cotisations au réel est sur les cotisations TNS et le fonctionnement complet sur l’entrepreneur individuel.

Comment passer au réel

On peut opter pour un régime réel d’imposition sans attendre de dépasser le plafond de la micro (service-public, fiche F32353). La sortie devient obligatoire après deux années consécutives au-dessus de 83 600 € en services ou 203 100 € en vente, comme l’explique le plafond de la micro-entreprise. Avant de choisir, faites tourner le mini-simulateur en haut de page avec vos frais de l’an dernier, puis avec ceux que vous prévoyez : une décision prise sur une seule année exceptionnelle peut coûter cher les suivantes. Si une société vous tente, micro-entreprise ou SASU pose la même question avec un autre statut.

Ces comparaisons sont des estimations faites avec les barèmes 2026 publiés ; elles ne remplacent pas un conseil personnalisé, et l’Urssaf comme le service des impôts fixent seuls les montants dus.

Les questions des indépendants

Quel montant de frais rend le régime réel plus avantageux que la micro-entreprise ?

Cela dépend de l’activité et du chiffre d’affaires. Pour un libéral seul sans autre revenu, le moteur du site situe la bascule à 3 500 € de frais pour 30 000 € encaissés et à 10 000 € pour 70 000 €. En vente de marchandises, avec un taux de 12,3 %, il faut 72 000 € de frais sur 120 000 €, d’après les barèmes 2026 de l’Urssaf.

Pourquoi le réel peut-il l’emporter avec des frais inférieurs à l’abattement de la micro ?

Parce que l’abattement ne vaut que pour l’impôt. Les cotisations de la micro, 25,6 % en libéral, s’appliquent au chiffre d’affaires entier, alors qu’au réel elles portent sur le bénéfice diminué de 26 %, selon l’Urssaf. Chaque euro de frais réduit donc les cotisations au réel, jamais en micro : la consultante à 70 000 € bascule dès 14 % de frais, quand l’abattement fiscal atteint 34 %.

Un artisan qui achète beaucoup de matériaux a-t-il intérêt à passer au réel ?

Souvent, oui. Un menuisier qui encaisse 50 000 € et dépense 20 000 € en bois et quincaillerie garderait 17 766 € en micro et 20 324 € au réel, d’après le moteur du site pour une personne seule. La bascule se situe vers 14 500 € d’achats par an. En dessous, la micro reste devant malgré la CFP et la taxe de chambre des métiers.

Une boutique en ligne a-t-elle intérêt à quitter la micro pour le réel ?

Rarement. La vente cumule le taux de cotisations le plus bas, 12,3 %, et l’abattement fiscal le plus fort, 71 %. Pour 120 000 € de ventes, le moteur du site ne voit le réel l’emporter qu’à partir de 72 000 € d’achats et de frais, soit 60 % du chiffre d’affaires. Une marge très faible sur les produits peut toutefois y conduire.

Une consultante à 70 000 € avec 12 000 € de frais gagne-t-elle plus au réel ?

Oui, d’environ 1 163 € par an d’après le moteur du site, pour une personne seule. Ses cotisations sont presque identiques, 18 060 € en micro et 18 548 € au réel, mais l’impôt passe de 6 964 € à 5 313 €, car le bénéfice imposable tient compte des frais réels. Le coût de la tenue des comptes au réel n’est pas déduit.

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Textes et sources officielles

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