La micro-entreprise : comment fonctionne le régime et ce qu’il laisse

Une entreprise individuelle allégée où presque tout se déduit de ce que vous encaissez.

Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul

Votre net en micro-entreprise

Net par mois, avant CFE

2 351 €

Cotisations (25,6 %)10 240 €
CFP et taxe de chambre80 €
Impôt (personne seule)1 468 €
Net sur l’année28 212 €
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En 2026, un micro-entrepreneur reverse à l’Urssaf entre 12,3 % et 25,6 % de son chiffre d’affaires encaissé, selon qu’il vend des marchandises ou exerce une activité libérale, puis il paie l’impôt sur le revenu sur une base réduite par un abattement forfaitaire de 34 % à 71 %. La micro-entreprise, que tout le monde appelle encore auto-entreprise, est une entreprise individuelle qui combine deux régimes simplifiés : le micro-social pour les cotisations et le micro-fiscal pour l’impôt. Elle reste accessible tant que les recettes annuelles ne dépassent pas 203 100 € en vente ou 83 600 € en prestations de services. Une traductrice qui encaisse 42 000 € en 2026 verse 10 752 € de cotisations et 1 679 € d’impôt si elle vit seule sans autre revenu ; elle garde 29 485 €, soit 2 457 € par mois avant la CFE. Les cotisations versées sont définitives, sans rattrapage l’année suivante, et un mois sans recette ne coûte rien.

Un statut, deux régimes simplifiés

Le mot « micro-entreprise » recouvre deux mécanismes distincts que l’on confond souvent. Le micro-social fixe les cotisations : un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, payé à chaque déclaration, sans calcul de bénéfice (Urssaf, l’essentiel du statut). Le micro-fiscal fixe l’impôt : l’administration retire un abattement forfaitaire censé représenter vos frais, et le reste rejoint vos autres revenus au barème (service-public, fiche F23267). Les deux tiennent ensemble tant que vous restez sous le plafond de recettes ; si vous le dépassez deux années de suite, vous sortez de l’un comme de l’autre.

Juridiquement, le micro-entrepreneur n’a pas de société : il exerce en entreprise individuelle, en son nom propre. Toute la mécanique repose sur un seul chiffre, les recettes encaissées, ce qui explique le succès du régime chez ceux qui démarrent seuls et veulent savoir d’avance ce qu’ils devront.

Les quatre paramètres qui gouvernent une micro-entreprise en 2026
ActivitéCotisationsAbattement fiscalPlafond de recettesFranchise de TVA jusqu’à
Vente de marchandises, hébergement12,3 %71 %203 100 €85 000 €
Services commerciaux ou artisanaux (BIC)21,2 %50 %83 600 €37 500 €
Libéral non réglementé (BNC)25,6 %34 %83 600 €37 500 €
Libéral affilié à la Cipav23,2 %34 %83 600 €37 500 €

Le plafond de recettes et le seuil de franchise de TVA n’ont rien à voir : entre 37 500 € et 83 600 €, un prestataire reste micro-entrepreneur mais facture la TVA. La page TVA de l’auto-entrepreneur détaille cette zone intermédiaire, et le plafond de la micro-entreprise explique quand on en sort.

Ce qu’il reste sur trois profils

Le moteur du site applique les taux 2026 de l’Urssaf, la contribution à la formation professionnelle, la taxe de chambre quand elle existe et l’impôt d’une personne seule sans autre revenu. La CFE, qui dépend de la commune, n’est pas comptée.

Net d’un micro-entrepreneur en 2026 selon l’activité, avant CFE et avant frais professionnels
ProfilChiffre d’affairesPrélèvements sociauxImpôtNet annuelNet mensuel
Vendeuse sur les marchés (vente)55 000 €6 828 €0 €48 172 €4 014 €
Réparateur de vélos (artisan)32 000 €7 034 €0 €24 966 €2 081 €
Traductrice (libéral BNC)42 000 €10 836 €1 679 €29 485 €2 457 €

La vendeuse paraît la mieux lotie, avec 4 014 € par mois. C’est un mirage partiel : ses 55 000 € de ventes contiennent le prix d’achat de ce qu’elle revend, que le tableau ne retire pas. Le réparateur, lui, ne paie aucun impôt sur 16 000 € de revenu imposable grâce à la décote, mais ses pièces détachées sortent aussi de sa poche. La traductrice n’a presque pas de frais, et c’est elle qui supporte le taux le plus lourd, 25,6 %.

Ces trois cas montrent la logique du régime : il est d’autant plus avantageux que les dépenses réelles sont faibles. Dès que les achats ou la sous-traitance pèsent lourd, la comparaison avec le régime réel s’impose.

Ce que le régime ne fait pas pour vous

Il ne déduit aucune dépense des cotisations : un ordinateur, un loyer de bureau ou un déplacement chez un client ne réduisent pas ce que vous versez à l’Urssaf. Côté impôt, l’abattement est le même que vous ayez dépensé beaucoup ou rien du tout ; il ne dépasse jamais le chiffre d’affaires et ne descend pas sous 305 €.

Il ne supprime pas non plus la cotisation foncière des entreprises, due même à domicile à partir de la deuxième année, ni l’impôt sur le revenu, que l’on paie au barème du foyer ou, sous condition de revenus, par versement libératoire. Quant à l’Acre, l’allègement de début d’activité, elle n’est plus automatique depuis 2026 : la demande se fait dans les 60 jours suivant le démarrage (détail de l’Acre).

Déclarer et payer au fil de l’eau

Chaque mois ou chaque trimestre, selon l’option choisie, vous déclarez en ligne le chiffre d’affaires encaissé sur la période, sur autoentrepreneur.urssaf.fr ou dans l’application de l’Urssaf, et vous payez dans la foulée (service-public, fiche F36232). Une fois par an, vous reportez ce même chiffre d’affaires brut sur la déclaration de revenus. Les échéances précises sont sur déclarer son chiffre d’affaires.

Ce rythme a un avantage rarement souligné : la trésorerie suit l’activité. Un trimestre creux coûte peu, un trimestre faste coûte davantage, et rien ne vient s’ajouter dix-huit mois plus tard.

Quand le régime cesse de convenir

Trois signaux doivent faire réfléchir. Des frais réels qui dépassent nettement l’abattement fiscal. Un chiffre d’affaires qui approche 83 600 € en services, au-delà duquel la sortie se prépare (service-public, fiche F32353). Un besoin d’associés ou de séparer nettement patrimoine privé et professionnel, que seule une société organise : la comparaison micro-entreprise ou SASU chiffre cet arbitrage. On peut aussi opter pour un régime réel sans attendre d’y être contraint.

Les montants de cette page sont des estimations établies avec les barèmes 2026 publiés ; ils ne remplacent pas un conseil personnalisé, et seuls l’Urssaf et le service des impôts arrêtent ce que vous devez.

Les questions des indépendants

Micro-entreprise et auto-entreprise, est-ce le même régime ?

Oui. « Auto-entrepreneur » est l’ancien nom, resté dans l’usage et dans l’adresse du portail de l’Urssaf, autoentrepreneur.urssaf.fr ; les textes parlent de micro-entrepreneur. Les règles sont identiques : cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires, par exemple 21,2 % pour des services commerciaux ou artisanaux en 2026, et plafond annuel de 83 600 € pour ces services selon service-public.

Combien coûte une micro-entreprise qui n’encaisse rien ?

Rien en cotisations : l’Urssaf calcule tout sur le chiffre d’affaires déclaré, et 0 € déclaré donne 0 € à payer. La déclaration reste obligatoire à chaque échéance. Côté CFE, l’année de création est exonérée et, ensuite, une entreprise dont le chiffre d’affaires de l’avant-dernière année ne dépasse pas 5 000 € n’en paie pas, d’après service-public.

L’Urssaf peut-elle réclamer un complément de cotisations à un micro-entrepreneur l’année suivante ?

Non. En micro-entreprise, les cotisations payées avec chaque déclaration sont définitives : aucune régularisation n’arrive l’année suivante, contrairement à l’entreprise individuelle au réel, où l’Urssaf encaisse des acomptes provisoires puis ajuste. Une traductrice qui déclare 42 000 € sur l’année a donc payé ses 10 752 € une fois pour toutes, selon l’Urssaf.

Un micro-entrepreneur malade touche-t-il des indemnités journalières ?

Oui : pour la maladie, il est rattaché à la CPAM, la caisse primaire d’assurance maladie. Ses indemnités journalières maladie, maternité ou paternité se calculent sur le chiffre d’affaires après abattement : 71 % retirés en vente, 50 % en services commerciaux ou artisanaux, 34 % en libéral, selon l’Urssaf. Un petit chiffre d’affaires ouvre donc de petites indemnités.

Peut-on cotiser davantage en micro-entreprise pour être mieux couvert ?

Oui, en demandant à l’Urssaf de payer les cotisations minimales des indépendants : la demande se fait avant le 31 décembre pour l’année suivante, ou avant la fin du troisième mois qui suit la création. Le calcul bascule alors sur celui d’un travailleur indépendant classique, selon service-public (fiche F36232). Le simulateur de cette page ne modélise pas cette option.

Le taux de la micro-entreprise libérale a-t-il changé depuis 2024 ?

Oui, trois hausses en dix-huit mois. Il était de 21,1 % jusqu’en juin 2024, 23,1 % à partir de juillet 2024, 24,6 % en 2025 et 25,6 % depuis le 1er janvier 2026, d’après l’Urssaf. Sur 42 000 € encaissés, la différence entre le premier et le dernier taux atteint 1 890 € par an.

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Textes et sources officielles

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