Devenir auto-entrepreneur : combien faut-il encaisser pour en vivre ?
La question n’est pas de savoir si l’inscription est simple, elle l’est, mais combien il faut facturer pour qu’il reste un revenu.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
Quel chiffre d’affaires pour vivre de votre activité ?
Chiffre d’affaires à encaisser par mois
2 782 €
| Par an | 33 383 € |
| Dont cotisations et taxes | 8 613 € |
| Dont impôt (personne seule) | 770 € |
Pour devenir auto-entrepreneur et se dégager 2 000 € nets par mois en 2026, une personne seule exerçant une profession libérale doit encaisser environ 33 383 € de chiffre d’affaires dans l’année, contre 30 513 € en prestations commerciales et 27 402 € en vente de marchandises, avant tout frais professionnel. L’écart vient des taux de cotisations, 25,6 % en libéral, 21,2 % en services commerciaux et 12,3 % en vente, et des abattements fiscaux qui servent au calcul de l’impôt. Deux seuils encadrent le projet : le plafond du régime, 83 600 € pour les services et 203 100 € pour la vente, et la franchise de TVA, 37 500 € pour les services. Viser 2 500 € nets en libéral demande déjà 42 808 €, au-delà du seuil de TVA. Ces montants sont des estimations calculées avec les paramètres publiés, sans valeur de conseil personnalisé.
Le bon point de départ : le revenu dont vous avez besoin
Les guides sur l’auto-entreprise commencent souvent par la démarche d’inscription. Elle prend peu de temps et elle est détaillée sur créer sa micro-entreprise. La vraie question se pose avant : combien encaisser pour que l’activité vous fasse vivre. On part du net mensuel voulu, puis on remonte au chiffre d’affaires, en tenant compte des cotisations, de la contribution à la formation, de la taxe de chambre éventuelle et de l’impôt sur le revenu.
Le tableau suivant fait ce calcul avec le moteur du site, pour une personne seule sans autre revenu, sans frais professionnels, sans Acre et avec l’impôt calculé au barème après abattement (service-public, fiche F23267).
| Net visé par mois | Vente de marchandises | Prestations commerciales | Profession libérale | TVA en libéral |
|---|---|---|---|---|
| 1 500 € | 20 551 € | 22 884 € | 24 259 € | en franchise |
| 2 000 € | 27 402 € | 30 513 € | 33 383 € | en franchise |
| 2 500 € | 34 252 € | 38 560 € | 42 808 € | TVA due |
| 3 000 € | 41 103 € | 47 051 € | 53 500 € | TVA due |
| 4 000 € | 54 804 € | 64 572 € | 75 559 € | TVA due |
Trois lectures. D’abord, la vente demande le moins de chiffre d’affaires pour un même net affiché, parce que le taux de cotisations y est le plus bas et l’abattement fiscal le plus fort, 71 %. Mais ce chiffre d’affaires inclut l’achat des marchandises revendues : il faut y ajouter le coût du stock. Ensuite, l’écart entre services commerciaux et libéral s’élargit à mesure que l’objectif monte. Enfin, au-delà d’environ 2 000 € nets en libéral, l’objectif croise les seuils de TVA.
Trois profils, trois objectifs
Une consultante qui vise 2 500 € par mois
Elle doit encaisser 42 808 € dans l’année. Sur cette somme, 10 959 € partent en cotisations, 86 € en contribution à la formation et 1 764 € en impôt sur le revenu. Ce niveau dépasse le seuil majoré de franchise de TVA des services, 41 250 € (service-public, fiche F21746) : elle facturera la TVA en plus de ses prix. Elle devra demander un numéro de TVA intracommunautaire et tenir le compte de la TVA collectée et de la TVA déductible. Pour traduire cet objectif en jours facturés, voir le calcul du TJM.
Un dépanneur qui a des frais
Il exerce en prestations commerciales et vise 2 000 € nets. Sans frais, 30 513 € suffiraient. Avec 6 000 € de dépenses annuelles, véhicule, outillage, téléphone, il lui faut 38 560 €, car le régime micro ignore ces dépenses : il paie 8 175 € de cotisations sur le tout. C’est le signal pour regarder micro ou réel.
Un couple dont un seul se lance
L’impôt dépend du foyer. Pour 2 500 € nets en libéral, un couple sans autre revenu n’a besoin que de 40 431 €, contre 42 808 € pour une personne seule. À l’inverse, si le conjoint a déjà un salaire, l’impôt sur le chiffre d’affaires sera calculé à un taux marginal plus élevé que dans cet exemple : le simulateur complet accepte ces autres revenus. Le versement libératoire, à 2,2 % du chiffre d’affaires en libéral, porte l’objectif à 41 667 € pour une personne seule : il ne fait pas gagner à ce niveau.
Les seuils qui bornent le projet
Le régime micro accepte jusqu’à 83 600 € de chiffre d’affaires en services et 203 100 € en vente (service-public, fiche F32353). Au maximum, une personne seule en libéral en retire environ 4 365 € nets par mois. Si votre projet vise plus, le régime micro n’est probablement pas le bon cadre ; la page sur la micro-entreprise décrit ses limites. Le seuil n’est pas brutal : un dépassement isolé est toléré, et c’est la deuxième année consécutive au-dessus qui fait sortir du régime.
La franchise de TVA tombe bien plus tôt pour les prestataires : 37 500 €, avec une marge jusqu’à 41 250 €. En vente, 85 000 € et 93 500 €. Le seuil unique de 25 000 € un temps prévu par la loi de finances pour 2025 a été abandonné. Les détails sont sur la TVA de l’auto-entrepreneur.
Ce que le net ne contient pas encore
Le revenu calculé ici est ce qui reste après cotisations et impôt. Il reste trois postes à prévoir. La CFE, nulle la première année puis variable selon la commune. Vos frais réels, que le régime micro ne déduit jamais. Et les mois sans client : un objectif annuel suppose d’encaisser tout au long de l’année, alors que les cotisations, elles, ne sont dues que sur ce qui est réellement encaissé, ce qui amortit les creux.
Si vous gardez un emploi salarié en parallèle, l’objectif se raisonne autrement, parce que l’impôt se calcule sur l’ensemble du foyer : voyez auto-entrepreneur et salarié.
Avant de vous inscrire
Vérifiez la catégorie de votre activité : c’est elle qui fixe le taux (Urssaf, l’essentiel du statut). Regardez si vous pouvez prétendre à l’Acre, qui allège les cotisations du début d’activité mais se demande désormais dans les 60 jours. Et testez votre propre objectif dans le mini-simulateur en haut de page, puis dans le simulateur complet. Les résultats restent des estimations : l’Urssaf et le service des impôts arrêtent les montants réels.