EURL ou SASU : laquelle laisse le plus au dirigeant seul ?
Deux sociétés à associé unique, le même impôt sur les sociétés, mais deux régimes sociaux qui changent le revenu final.
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EURL ou SASU avec votre chiffre d’affaires
L’EURL laisse en plus par an
711 €
| EURL, net par mois | 4 038 € |
| EURL, part en rémunération | 100 % |
| SASU, net par mois | 3 979 € |
| SASU, part en rémunération | 39 % |
À bénéfice égal et sans salarié, l’EURL laisse en 2026 un peu plus de net que la SASU tant que le bénéfice reste modeste ou moyen, et la SASU reprend l’avantage quand il devient élevé. Avec 80 000 € de bénéfice avant rémunération, un consultant seul garde 46 497 € par an en EURL contre 45 695 € en SASU, chaque société étant réglée sur son meilleur partage entre rémunération et dividendes. Le moteur fait passer la SASU devant à partir d’environ 255 000 € de bénéfice, avec un capital de 1 000 €. L’écart vient du statut social du dirigeant : le gérant majoritaire d’EURL est travailleur indépendant et cotise sur un barème plus léger, mais ses dividendes au-delà de 10 % du capital supportent ces mêmes cotisations ; le président de SASU est assimilé salarié, cotise davantage sur son salaire, n’a pas d’assurance chômage, mais touche des dividendes soumis au seul prélèvement de 31,4 %. L’impôt sur les sociétés, 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 %, est identique.
Le duel chiffré, du petit au gros bénéfice
Pour isoler l’effet du statut, le tableau part d’un bénéfice avant rémunération du dirigeant, sans frais ni salarié, et laisse le moteur chercher dans chaque société le partage entre rémunération et dividendes qui maximise le revenu disponible. Impôt sur le revenu compris, pour une personne seule sans autre revenu.
| Bénéfice | Net EURL / an | Part en rémunération | Net SASU / an | Part en salaire | Devant |
|---|---|---|---|---|---|
| 40 000 € | 26 242 € | 100 % | 23 324 € | 0 % | EURL |
| 80 000 € | 46 497 € | 100 % | 45 695 € | 41 % | EURL |
| 120 000 € | 67 744 € | 100 % | 66 255 € | 27 % | EURL |
| 200 000 € | 108 706 € | 65 % | 107 395 € | 16 % | EURL |
| 300 000 € | 156 944 € | 65 % | 158 820 € | 11 % | SASU |
Deux logiques opposées se dessinent. L’EURL se règle presque entièrement en rémunération du gérant : avec 40 000 € de bénéfice, la part optimale est de 100 %. La SASU, elle, paie un petit salaire et distribue le reste : 16 % seulement du bénéfice en salaire à 200 000 €. Le croisement survient vers 255 000 € de bénéfice annuel. En dessous, l’avance de l’EURL tient en quelques centaines ou milliers d’euros par an, ce qui reste faible au regard des autres critères.
D’où vient l’écart : deux régimes sociaux
Le gérant d’EURL, travailleur indépendant
Associé unique et gérant, il est travailleur non salarié (TNS). Ses cotisations suivent le barème 2026 des indépendants : maladie progressive, retraite de base à 17,87 % jusqu’au plafond, complémentaire à 8,1 %, CSG-CRDS à 9,7 %. Depuis la réforme de l’assiette, tout se calcule sur la rémunération augmentée des cotisations payées par la société, diminuée de 26 %. Pour un budget de 40 000 €, l’ensemble pèse 12 419 €.
Le président de SASU, assimilé salarié
Il est affilié au régime général et cotise comme un cadre : maladie 13 % côté société, vieillesse, Agirc-Arrco, CSG-CRDS. Les taux du secteur privé s’appliquent sans assurance chômage, puisqu’aucun contrat de travail ne le lie à sa propre société. Pour le même coût de 40 000 €, il touche 22 555 € net, contre 27 581 € pour le gérant. C’est ce surcoût qui pousse la SASU vers les dividendes.
Les dividendes, mêmes impôts, sort social différent
Dans les deux sociétés, le dividende sort d’un bénéfice qui a déjà payé l’impôt sur les sociétés, puis supporte le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. En EURL, la part qui excède 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants entre dans l’assiette des cotisations du gérant ; le moteur ne lui applique alors pas une seconde fois les prélèvements sociaux. Le calcul détaillé est sur les dividendes d’EURL.
Ce que le net ne dit pas
Choisir sur le seul revenu de l’année serait réducteur, car les deux montages ne construisent pas les mêmes droits. Un président de SASU qui se verse très peu de salaire, ou aucun, ne valide aucun trimestre de retraite et ne s’ouvre pas d’indemnités journalières : le partage optimal du moteur, qui privilégie les dividendes, a ce prix. Le gérant d’EURL, rémunéré presque entièrement en rémunération, cotise chaque année à la retraite de base et complémentaire des indépendants. Le président n’a jamais droit à l’assurance chômage au titre de son mandat. Ces différences ne se chiffrent pas ici : nous ne publions pas d’estimation de droits à la retraite.
L’aide à la création suit les mêmes règles dans les deux formes. Depuis 2026, l’Acre se demande à l’Urssaf dans les 60 jours du début d’activité, à condition d’entrer dans un public éligible et de contrôler effectivement la société.
Trois situations où le choix se fait vite
Un bénéfice attendu sous 42 500 € et l’envie de cotiser régulièrement pour la retraite orientent vers l’EURL : son net est meilleur et la rémunération y reste la voie naturelle. Un bénéfice qui dépasse durablement 255 000 €, ou l’intention de laisser grossir la trésorerie puis de distribuer, plaide pour la SASU, dont les dividendes ne supportent aucune cotisation. Entre les deux, l’écart de net est mince : la protection voulue et le capital que vous pouvez apporter pèsent alors davantage que le calcul.
Pour régler finement le partage, passez par salaire ou dividendes côté SASU et par le simulateur d’EURL côté gérant ; les cotisations elles-mêmes sont détaillées sur les cotisations TNS et les charges de SASU. Ces résultats sont des estimations fondées sur les barèmes publiés, pas un conseil personnalisé : l’Urssaf et l’administration fiscale fixent les montants réels.