TJM de 300 € : la micro-entreprise tient, la TVA arrive avant
À ce taux, le plafond de la micro-entreprise reste hors d’atteinte, et c’est le seuil de TVA qui se franchit en premier.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
Ce TJM selon le statut
Chiffre d’affaires annuel
60 000 €
| Micro libérale, net par mois | 3 295 € |
| EURL, net par mois | 3 025 € |
| SASU, net par mois | 2 887 € |
| Portage (frais de 8 %), net par mois | 2 466 € |
À 300 € par jour, un freelance en micro-entreprise libérale garde 2 751 € par mois après cotisations et impôt sur le revenu s’il facture 160 jours dans l’année, et 3 295 € s’il en facture 200, pour une personne seule sans autre revenu ni frais. C’est le meilleur résultat des cinq cadres comparés, à chaque volume de jours testé : sur 200 jours, l’EURL laisse 3 025 €, la SASU 2 887 € et le portage salarial 2 466 €. Le plafond de 83 600 € ne serait atteint qu’après 278 jours facturés, il ne gêne donc personne. La frontière qui compte est la franchise en base de TVA : 37 500 € encaissés, soit 125 jours. Au-delà, la TVA s’applique au 1er janvier suivant ; au-delà de 41 250 €, atteint au 138e jour, elle s’applique le jour même. Ces chiffres sont des estimations : l’Urssaf et l’administration fiscale fixent les montants réels.
Le seuil de ce palier : la TVA à 125 jours, pas le plafond
Un TJM de 300 € est le seul palier de cette série où la micro-entreprise ne heurte pas son plafond sur une année pleine : il faudrait facturer 278 jours pour dépasser 83 600 € (service-public, fiche F32353). Ce qui change la donne à ce niveau, c’est la TVA. Tant que le chiffre d’affaires encaissé reste sous 37 500 €, la facture porte la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » et le prix payé par le client est votre prix. Le 126e jour facturé sur l’année fait perdre la franchise pour l’année suivante ; le 138e la fait tomber en cours d’année, le jour même du dépassement du seuil majoré de 41 250 € (service-public, fiche F21746). Pour un client entreprise qui récupère la taxe, rien ne bouge vraiment. Pour un particulier ou une association, votre prix grimpe d’un coup, ou votre marge fond si vous gardez le même prix toutes taxes comprises. D’où un réflexe simple : écrire dès le premier devis que le tarif s’entend hors taxe.
Ce que laissent 160 à 220 jours à 300 €
| Jours facturés | Chiffre d’affaires | Micro libérale | EI au réel | EURL à l’IS | SASU | Portage |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 160 | 48 000 € | 2 751 € | 2 468 € | 2 553 € | 2 323 € | 2 102 € |
| 180 | 54 000 € | 3 023 € | 2 695 € | 2 790 € | 2 605 € | 2 284 € |
| 200 | 60 000 € | 3 295 € | 2 919 € | 3 025 € | 2 887 € | 2 466 € |
| 220 | 66 000 € | 3 567 € | 3 149 € | 3 265 € | 3 169 € | 2 628 € |
La micro-entreprise arrive en tête sur toutes les lignes. Sur 160 jours, son avance sur l’EURL atteint 197 € par mois : à ce chiffre d’affaires, le taux de 25,6 % sur les encaissements (Urssaf) et l’abattement fiscal de 34 % coûtent moins que les cotisations d’un gérant ou d’un président. Le tableau ignore les frais : si vous louez un bureau ou achetez du matériel coûteux, refaites le calcul avec le comparateur de statuts.
Pourquoi la société ne rattrape pas la micro à ce niveau
En SASU, le moteur cherche la part du bénéfice à verser en salaire qui maximise le net. À 160 jours, il n’en garde que 12 % : le bénéfice laissé dans la société reste ainsi sous 42 500 €, imposé au taux réduit de 15 % (service-public, fiche F23575), puis distribué en dividendes. Malgré ce réglage, la SASU reste derrière. L’EURL, elle, verse presque tout en rémunération du gérant (99 % du bénéfice) et se rapproche de l’entreprise individuelle. Créer une société pour 48 000 € de chiffre d’affaires ajoute une comptabilité complète et des formalités sans gain de revenu.
Le versement libératoire, levier propre aux petits TJM
À ce palier, le revenu imposable reste modeste, et l’option pour le versement libératoire peut payer : 2,2 % du chiffre d’affaires réglés avec les cotisations, à la place du barème. Sur 160 jours, le net passe de 2 751 € à 2 880 € par mois. La condition est de revenu : en 2026, un revenu fiscal de référence de 2024 au plus égal à 29 315 € par part (impots.gouv.fr).
Le portage, pour qui veut rester salarié
Sur 200 jours, le portage salarial laisse 829 € de moins par mois que la micro, avec les frais de gestion supposés ici à 8 % (aucun barème officiel n’existe). L’écart paie des cotisations de salarié cadre, dont l’assurance chômage. Le détail est sur portage ou auto-entrepreneur.
Le palier suivant, un TJM de 400 €, rapproche le plafond de la micro jusqu’à le rendre atteignable. Pour tester votre propre nombre de jours, le simulateur TJM reprend le même moteur. Ces montants restent une estimation, pas un conseil personnalisé.