Micro-entreprise ou SASU : quand la société devient-elle rentable ?
Ce n’est pas tant le chiffre d’affaires qui décide que la part de vos recettes absorbée par les frais.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
Micro-entreprise ou SASU ?
Écart par mois
226 €
| Micro-entreprise, net par mois | 2 878 € |
| SASU, net par mois | 2 652 € |
| Le plus favorable | Micro-entreprise |
Pour un indépendant seul qui a peu de frais, la micro-entreprise laisse en 2026 plus de revenu qu’une SASU jusqu’au plafond du régime : un consultant libéral à 83 600 € de chiffre d’affaires et 3 000 € de frais garde 49 374 € par an en micro contre 45 976 € en SASU, selon notre moteur. La micro prélève 25,6 % du chiffre d’affaires encaissé en libéral, 21,2 % en prestations commerciales ou artisanales, 12,3 % en vente, sans jamais tenir compte des dépenses réelles. La SASU, elle, ne taxe que le bénéfice : impôt sur les sociétés de 15 % jusqu’à 42 500 €, cotisations sur le salaire du président, prélèvement forfaitaire de 31,4 % sur les dividendes. Le basculement dépend donc du poids des frais : pour 60 000 € de recettes en libéral, la SASU passe devant à partir de 11 500 € de frais par an, soit 19 % du chiffre d’affaires, avant même de compter le coût de tenue d’une société. La micro reste par ailleurs limitée à 83 600 € en services et 203 100 € en vente.
Deux façons de taxer la même activité
La micro-entreprise ne connaît que le chiffre d’affaires encaissé. Chaque mois ou chaque trimestre, vous déclarez vos recettes et l’Urssaf prélève un pourcentage fixe (service-public, fiche F36232) : 12,3 %, 21,2 % ou 25,6 % selon l’activité. Pour l’impôt sur le revenu, un abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 % remplace vos frais réels. Un logiciel, un loyer de bureau ou un véhicule ne changent rien à la facture.
La SASU raisonne sur le bénéfice. Les dépenses sont déduites, puis le résultat se partage entre le salaire du président, chargé aux taux du régime général, l’impôt sur les sociétés et les dividendes au prélèvement forfaitaire unique. Le moteur cherche le partage qui maximise le revenu disponible : à faible bénéfice, il verse peu ou pas de salaire.
Avec peu de frais, la micro reste devant
| Chiffre d’affaires | Micro, revenu / an | SASU, revenu / an | Écart en faveur de la micro |
|---|---|---|---|
| 30 000 € | 18 847 € | 15 744 € | 3 103 € |
| 50 000 € | 31 096 € | 27 315 € | 3 781 € |
| 70 000 € | 41 976 € | 38 591 € | 3 385 € |
| 83 600 € | 49 374 € | 45 976 € | 3 399 € |
Sur toute la plage autorisée, l’écart joue pour la micro lorsque les frais sont faibles. La raison tient en une ligne : un consultant qui dépense peu paie 25,6 % sur des recettes qui sont presque toutes du revenu, alors que la SASU ajoute une couche d’impôt sur les sociétés et une couche de prélèvement sur les dividendes. La société n’a pas de quoi compenser.
Le vrai déclencheur : la part des frais
Dès que les dépenses montent, la micro paie des cotisations sur de l’argent qui ne reste pas dans votre poche. Le moteur cherche, pour trois profils, le niveau de frais annuel à partir duquel la SASU laisse un revenu supérieur.
| Profil | Chiffre d’affaires | Frais à partir desquels la SASU passe devant | Part du chiffre d’affaires |
|---|---|---|---|
| Consultant, libéral (BNC) | 60 000 € | 11 500 € | 19 % |
| Artisan, prestations (BIC) | 60 000 € | 23 500 € | 39 % |
| Vente de marchandises | 150 000 € | 91 500 € | 61 % |
Le consultant bascule le plus tôt, parce qu’il cumule le taux de cotisations le plus fort et le plus petit abattement. L’artisan tient plus longtemps grâce à un taux plus bas et un abattement plus généreux. Le vendeur de marchandises, qui profite d’un taux de 12,3 % et d’un abattement de 71 %, ne bascule qu’avec des achats très lourds, à partir de 91 500 € de frais pour 150 000 € de ventes. Ces seuils sont un plancher : le coût de la comptabilité d’une société, que nous ne chiffrons pas, les repousse. Le mini-simulateur en haut de page permet de l’ajouter dans la case prévue.
Avant de sauter jusqu’à la société, regardez l’étape intermédiaire. L’entreprise individuelle au réel déduit aussi les frais, sans impôt sur les sociétés ni dividendes ; la comparaison avec la micro est sur micro ou réel.
Le plafond, une limite que la SASU n’a pas
La micro-entreprise s’arrête à 83 600 € de chiffre d’affaires annuel pour les services et 203 100 € pour la vente (fiche F32353). Un dépassement isolé est toléré ; deux années consécutives au-dessus font sortir du régime au 1er janvier suivant. La SASU n’a aucun plafond. Pour quelqu’un dont l’activité décolle, cette marge compte autant que le calcul de l’année : le détail des seuils est sur le plafond de la micro-entreprise.
Ce que la SASU optimisée sacrifie
Le partage qui maximise le revenu en SASU repose sur un petit salaire et beaucoup de dividendes. C’est efficace à court terme, mais une rémunération nulle ne valide aucun trimestre de retraite, et le président n’est jamais couvert par l’assurance chômage au titre de son mandat. Le micro-entrepreneur, lui, cotise sur chaque euro encaissé : ses droits suivent son activité, sans arbitrage à faire. Le réglage fin entre salaire et dividendes se fait sur salaire ou dividendes, et le coût du salaire du président sur les charges de SASU.
Ces chiffres sont des estimations tirées des barèmes 2026, pas un conseil personnalisé ; l’Urssaf et l’administration fiscale arrêtent les montants dus.