L’impôt sur le revenu de l’auto-entrepreneur, du chiffre d’affaires au montant dû
Le fisc ne regarde pas vos dépenses : il retire un pourcentage fixe, puis applique le barème de tout le foyer.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
L’impôt sur votre activité
Impôt dû à l’activité
3 004 €
| Abattement forfaitaire | 17 000 € |
| Revenu imposable de l’activité | 33 000 € |
| Taux marginal du foyer | 30 % |
| Part du chiffre d’affaires | 6,0 % |
Un auto-entrepreneur paie l’impôt sur le revenu sur son chiffre d’affaires diminué d’un abattement forfaitaire : 71 % pour la vente de marchandises et l’hébergement, 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 34 % pour les activités libérales, avec un minimum de 305 €. Le reste s’ajoute aux autres revenus du foyer et passe au barème progressif, tranches, quotient familial et décote compris. En 2026, une développeuse libérale seule, sans autre revenu, qui encaisse 70 000 € déclare 46 200 € de revenu imposable et doit 6 964 € d’impôt, avec un taux marginal de 30 %. Ses frais réels n’entrent pas dans le calcul : l’abattement est le même qu’elle ait dépensé 0 € ou 20 000 €. Pour les petits chiffres d’affaires, la décote efface souvent l’essentiel de l’impôt ; en couple, le quotient familial le divise fortement. La seule alternative au barème est le versement libératoire, réservé aux foyers sous un plafond de revenu fiscal de référence.
Du chiffre d’affaires au revenu imposable
Le régime micro-fiscal ne demande aucun compte de résultat. L’administration part du chiffre d’affaires que vous déclarez et en retire un pourcentage fixé par la loi selon la catégorie d’activité (service-public, fiche F23267). L’abattement ne peut pas descendre sous 305 €, ni dépasser le chiffre d’affaires lui-même.
| Activité | Abattement | Revenu imposable pour 40 000 € encaissés |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement (BIC) | 71 % | 11 600 € |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 50 % | 20 000 € |
| Activités libérales (BNC), Cipav comprise | 34 % | 26 400 € |
Le minimum ne joue que pour de très petits montants : une libérale qui encaisse 600 € sur l’année bénéficie d’un abattement de 305 € au lieu de 204 €, et ne déclare que 295 € imposables. En activité mixte, le minimum passe à 610 €.
Le revenu imposable obtenu n’a rien à voir avec ce que vous avez réellement gagné. Pour une activité sans frais, il sous-estime le revenu ; pour une activité à forte dépense, il le surestime. C’est la contrepartie de la simplicité.
Le barème du foyer s’applique ensuite
Ce revenu imposable rejoint les salaires, pensions ou autres revenus du foyer fiscal. L’ensemble est divisé par le nombre de parts, taxé par tranches, puis multiplié à nouveau (service-public, fiche F1419). Le barème en vigueur est celui de la loi de finances pour 2026, qui porte sur les revenus 2025.
| Revenu par part | Taux |
|---|---|
| de 0 € à 11 600 € | 0 % |
| de 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| de 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| de 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| au-delà de 181 917 € | 45 % |
Deux correctifs comptent beaucoup pour un auto-entrepreneur. La décote d’abord : quand l’impôt brut d’une personne seule ne dépasse pas 1 982 €, on en retire 897 € moins 45,25 % de cet impôt (service-public, fiche F34328). Le plafonnement du quotient familial ensuite : chaque demi-part liée à un enfant ne peut réduire l’impôt de plus de 1 807 € (service-public, fiche F2705). Enfin, un impôt inférieur à 61 € n’est pas mis en recouvrement.
Quatre niveaux de recettes en libéral
Le moteur calcule l’impôt imputable à l’activité pour une personne seule sans autre revenu, puis pour un couple dont c’est le seul revenu.
| Chiffre d’affaires | Revenu imposable | Impôt, seul | Impôt, couple | Taux marginal, seul |
|---|---|---|---|---|
| 20 000 € | 13 200 € | 0 € | 0 € | 11 % |
| 40 000 € | 26 400 € | 1 468 € | 0 € | 11 % |
| 60 000 € | 39 600 € | 4 984 € | 1 137 € | 30 % |
| 80 000 € | 52 800 € | 8 944 € | 3 246 € | 30 % |
La progression n’est pas linéaire. Entre 40 000 € et 60 000 € de recettes, l’impôt de la personne seule fait plus que tripler, parce que le revenu imposable entre dans la tranche à 30 % et que la décote disparaît. Le couple, lui, reste longtemps dans la tranche à 11 %.
Si le foyer a d’autres revenus, tout se décale vers le haut : l’activité est taxée à partir du taux marginal que les salaires ont déjà atteint. Le mini-simulateur en haut de page permet d’ajouter ces revenus ; pour le cas fréquent d’une activité à côté d’un emploi, voyez auto-entrepreneur et salarié.
La déclaration annuelle
Chaque printemps, le chiffre d’affaires brut de l’année précédente se reporte sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, dans la case de votre catégorie, sans rien déduire. L’Urssaf fournit en février une attestation fiscale dans votre espace en ligne, qui reprend les montants déclarés (Urssaf, l’essentiel du statut). Le calendrier complet est sur déclarer son chiffre d’affaires.
Barème ou versement libératoire
Le barème n’est pas la seule voie. Sous condition de revenu fiscal de référence, le versement libératoire remplace cet impôt par 1 % à 2,2 % du chiffre d’affaires, payés avec les cotisations. Il avantage les foyers déjà imposés dans les tranches à 11 % ou plus ; il pénalise ceux que la décote protège. Et si vos frais réels dépassent nettement l’abattement, c’est le passage au réel qu’il faut étudier.
Ces montants sont des estimations calculées sur le barème publié ; ils ne remplacent pas un conseil personnalisé, et seul le service des impôts établit votre imposition.