Déclarer son chiffre d’affaires d’auto-entrepreneur : les deux déclarations
Une déclaration courte et fréquente à l’Urssaf, une ligne par an sur la déclaration de revenus : voici ce que chacune demande et coûte.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
Ce que vous paierez pour cette déclaration
À payer à l’Urssaf
2 322 €
| Cotisations sociales | 2 304 € |
| CFP et taxe de chambre | 18 € |
| Versement libératoire | 0 € |
Chiffre d’affaires nul : rien à payer, mais la déclaration reste due.
Un auto-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires deux fois, à deux administrations. À l’Urssaf, chaque mois ou chaque trimestre selon l’option choisie, il déclare en ligne les sommes encaissées sur la période et paie aussitôt les cotisations correspondantes : pour 10 000 € déclarés en profession libérale en 2026, 2 560 € de cotisations au taux de 25,6 %, plus 20 € de contribution à la formation, et 220 € de plus avec le versement libératoire, soit 2 800 €. La première déclaration intervient au plus tôt quatre-vingt-dix jours après le début d’activité. Une période sans encaissement se déclare quand même, à zéro, sans rien payer. Une fois par an, le chiffre d’affaires brut de l’année se reporte ensuite sur la déclaration de revenus, formulaire 2042-C-PRO, sans déduire aucune charge : l’administration applique elle-même l’abattement, 34 % en libéral. Ces montants sont des estimations ; l’Urssaf et le service des impôts arrêtent les sommes dues.
Deux déclarations, deux rythmes
Le micro-entrepreneur ne tient pas de comptabilité de bénéfice, mais il déclare. D’un côté, à l’Urssaf, une déclaration périodique qui déclenche le paiement des cotisations sociales, de la contribution à la formation, de la taxe de chambre éventuelle et, si vous l’avez choisi, du versement libératoire de l’impôt (Urssaf, l’essentiel du statut). De l’autre, aux impôts, une ligne annuelle sur la déclaration de revenus du foyer. Les deux portent sur le même chiffre d’affaires encaissé ; elles n’ont pas le même but.
La déclaration à l’Urssaf, pas à pas
Elle se fait en ligne, sur le portail des auto-entrepreneurs de l’Urssaf ou son application mobile, chaque mois ou chaque trimestre selon le rythme retenu (service-public, fiche F36232). On saisit le total encaissé sur la période, réparti par catégorie si l’activité est mixte, et le montant à payer s’affiche aussitôt. Quelques repères :
- La première déclaration ne peut pas intervenir avant quatre-vingt-dix jours d’activité.
- Une période sans encaissement se déclare à zéro : aucune somme n’est due, mais l’absence de déclaration n’est pas une option.
- Les cotisations calculées sont définitives : il n’y a ni appel provisoire ni régularisation l’année suivante, ce qui distingue ce régime de celui des indépendants au réel.
Le tableau ci-dessous donne, pour 10 000 € déclarés sur une période, ce que chaque catégorie paie, versement libératoire compris.
| Activité | Cotisations | CFP et taxe de chambre | Versement libératoire | Total à payer |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises | 1 230 € | 12 € | 100 € | 1 342 € |
| Services commerciaux (BIC) | 2 120 € | 14 € | 170 € | 2 304 € |
| Artisanat (BIC) | 2 120 € | 78 € | 170 € | 2 368 € |
| Profession libérale (BNC) | 2 560 € | 20 € | 220 € | 2 800 € |
| Libéral relevant de la Cipav | 2 320 € | 20 € | 220 € | 2 560 € |
Sans versement libératoire, retirez la colonne correspondante : l’impôt sera calculé l’année suivante, au barème, sur la déclaration de revenus.
Mensuel ou trimestriel : un exemple
Une traductrice libérale encaisse régulièrement 2 700 € par mois. En déclaration mensuelle, elle paie 697 € chaque mois ; en trimestrielle, 2 090 € pour 8 100 € déclarés. Le coût est identique, seul le calendrier diffère. Un rythme mensuel convient à qui préfère ne jamais voir s’accumuler une grosse échéance ; un rythme trimestriel, à qui veut limiter les formalités. Si elle bénéficie de l’Acre, l’Urssaf applique d’elle-même le taux réduit de 19,2 % : 1 555 € de cotisations pour le même trimestre, au lieu de 2 074 €.
Le mini-simulateur en haut de page fait ce calcul pour votre propre montant et votre catégorie. Pour l’année entière, avec l’impôt et la CFE, utilisez le simulateur complet.
La déclaration de revenus : une ligne, mais la bonne
Chaque année, le chiffre d’affaires brut de l’année précédente se reporte sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, dans la case de votre catégorie (service-public, fiche F23267). On n’y retire ni frais ni cotisations : c’est l’administration qui applique l’abattement forfaitaire. L’Urssaf met à disposition en février une attestation fiscale qui récapitule les montants déclarés dans l’année.
Pour la traductrice, 32 400 € encaissés sur l’année donnent, après l’abattement de 34 %, un revenu imposable de 21 384 €. Pour un très petit chiffre d’affaires, l’abattement minimal joue : sur 600 €, il atteint 305 € et seuls 295 € restent imposables. Le calcul de l’impôt lui-même est sur l’impôt de l’auto-entrepreneur.
Si vous avez opté pour le versement libératoire
L’impôt est déjà réglé, période après période. La ligne de la 2042-C-PRO reste pourtant obligatoire : le chiffre d’affaires abattu entre dans le revenu fiscal de référence et sert à fixer le taux appliqué aux autres revenus du foyer (impots.gouv.fr, le versement libératoire). Autre réflexe : supprimer, dans l’espace particulier, l’acompte de prélèvement à la source calculé sur cette activité, faute de quoi vous paieriez deux fois. La comparaison avec l’impôt au barème est sur versement libératoire.
Ce qui ne passe pas par ces déclarations
La cotisation foncière des entreprises a son propre circuit. L’avis est déposé dans l’espace professionnel du site impots.gouv.fr et se paie en général au plus tard le 15 décembre, en ligne ou par prélèvement (service-public, fiche F23547). Rien n’est dû l’année de la création ; le montant dépend ensuite de la commune, voir la CFE de l’auto-entrepreneur.
Si vous devenez redevable de la TVA, la TVA collectée ne fait pas partie du chiffre d’affaires déclaré à l’Urssaf, qui reste un montant hors taxe ; elle obéit à ses propres obligations auprès du service des impôts des entreprises.
Les oublis qui coûtent
Oublier une période vide est inutile : la saisie à zéro reste obligatoire et ne coûte rien. Déclarer en avance une facture non encore payée fait cotiser trop tôt. Reporter sur la 2042-C-PRO un montant net de frais fausse l’impôt, puisque l’abattement est déjà censé couvrir les charges. Et laisser courir l’acompte de prélèvement à la source avec le versement libératoire revient à payer l’impôt deux fois. Ces montants restent des estimations ; l’Urssaf et l’administration fiscale fixent ce qui est réellement dû. Pour la ventilation des taux, voyez les charges de l’auto-entrepreneur.