Prestations intellectuelles en micro-entreprise : le régime BNC en 2026

Le taux le plus élevé du régime, relevé trois fois depuis l’été 2024, et un abattement fiscal plus faible que celui des artisans.

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Votre activité en chiffres

Net par mois, personne seule

2 751 €

Taux de cotisations25,6 %
CFP + taxe de chambre par mois8 €
Impôt par mois217 €
Plafond annuel de l’activité83 600 €
Ajouter la CFE et l’impôt du foyer →

Un auto-entrepreneur qui exerce une profession libérale non réglementée, consultant, développeur, graphiste, formateur, coach ou traducteur, déclare des bénéfices non commerciaux (BNC) et cotise en 2026 à 25,6 % de son chiffre d’affaires encaissé, contre 21,1 % jusqu’en juin 2024. S’y ajoute une contribution à la formation professionnelle de 0,2 %, sans taxe de chambre consulaire. Pour l’impôt, l’abattement forfaitaire n’est que de 34 %, le plus faible du régime, et le versement libératoire coûte 2,2 % du chiffre d’affaires. Le plafond est de 83 600 €, la franchise de TVA s’arrête à 37 500 €. Un consultant seul qui encaisse 40 000 € paie 10 240 € de cotisations, 80 € de CFP et 1 468 € d’impôt au barème : il lui reste 28 212 €, soit 2 351 € par mois avant CFE et frais. Les métiers rattachés à la Cipav, comme les architectes ou les psychologues, ont un taux distinct.

Qui relève du régime BNC

Le libéral non réglementé vend une prestation intellectuelle, conseil, développement informatique, design, rédaction, formation, accompagnement, sans figurer sur la liste des professions affiliées à la Cipav. Pour la maladie, il dépend de la CPAM comme tous les micro-entrepreneurs. Une liste fermée de professions, de l’architecte au moniteur de ski, relève au contraire de la Cipav, avec un taux de 23,2 % : voir les métiers de la Cipav. C’est l’activité déclarée lors de l’immatriculation qui détermine la caisse, pas le titre choisi sur le site web.

Un taux relevé trois fois

Aucune autre catégorie n’a autant bougé. Les pages qui affichent encore l’ancien taux se trompent de plusieurs centaines d’euros par an (Urssaf, mon-entreprise).

Évolution du taux de cotisations des libéraux non réglementés en micro-entreprise
PériodeTaux BNCCotisations sur 40 000 €
jusqu’en juin 202421,1 %8 440 €
de juillet à décembre 202423,1 %9 240 €
202524,6 %9 840 €
202625,6 %10 240 €

Depuis l’été 2024, un consultant à 40 000 € verse 1 800 € de plus chaque année. La contrepartie se lit dans la répartition 2026 (décret n° 2025-943) : 46,4 % des cotisations à la retraite de base, 21,0 % à la complémentaire, seulement 4,1 % à la maladie, 3,3 % à l’invalidité-décès et 25,2 % à la CSG-CRDS.

Ce qu’il reste, de 20 000 € à 80 000 € encaissés

Libéral non réglementé en micro-entreprise, personne seule sans autre revenu, 2026
EncaisséCotisations et CFPImpôt au barèmeReste annuelPar moisTVA
20 000 €5 160 €0 €14 840 €1 237 €franchise
40 000 €10 320 €1 468 €28 212 €2 351 €franchise jusqu’au seuil majoré
60 000 €15 480 €4 984 €39 536 €3 295 €redevable
80 000 €20 640 €8 944 €50 416 €4 201 €redevable

Le reste ne tient compte ni de la CFE ni des frais réels, ordinateur, logiciels, coworking, déplacements, que le régime micro ne déduit pas. Un développeur à 60 000 € garde ainsi 3 295 € par mois avant ces dépenses. À ce niveau, la comparaison avec une société devient utile : voir micro-entreprise ou SASU.

Un abattement faible, un impôt plus lourd

L’administration suppose qu’un libéral dépense 34 % de ses recettes (fiche F23267), contre 50 % pour un artisan. Sur 40 000 €, 26 400 € entrent donc dans le revenu imposable. Pour une personne seule, l’impôt atteint 1 468 € au barème, alors que le versement libératoire à 2,2 % coûterait 880 €. L’option se demande à la création ou avant le 30 septembre pour l’année suivante, sous condition de revenu fiscal de référence : voir le versement libératoire.

Le même abattement réduit les indemnités journalières : elles se calculent sur le chiffre d’affaires abattu de 34 %, et la maladie ne reçoit que 4,1 % des cotisations BNC. Un libéral qui dépend de son seul revenu a intérêt à le savoir avant un arrêt.

Seuils : TVA d’abord, plafond ensuite

La franchise de TVA s’arrête à 37 500 € de recettes, avec une tolérance jusqu’à 41 250 € en cours d’année. Un consultant qui travaille pour des entreprises récupérant la TVA y perd peu ; un coach dont les clients sont des particuliers, beaucoup. Le plafond du régime, 83 600 €, se proratise l’année de création : un début d’activité le 1er mars 2026 donne 70 087 €, exemple repris par service-public. Voir la TVA de l’auto-entrepreneur.

Exonérations de CFE à connaître

Certains libéraux ne paient jamais la cotisation foncière des entreprises : les professeurs qui donnent eux-mêmes leurs cours, à domicile ou dans un local sans enseigne, les traducteurs, auteurs et compositeurs qui perçoivent des droits d’auteur, les photographes auteurs et les dessinateurs artistes. Pour les autres, la CFE commence la deuxième année, à moitié. Le calcul par commune donne le montant.

Libéral BNC ou Cipav : l’écart en euros

À chiffre d’affaires égal, 40 000 €, un consultant BNC verse 10 240 € de cotisations, une ostéopathe relevant de la Cipav 9 280 €. La CFP de 0,2 %, l’abattement et le versement libératoire sont identiques. Seuls le taux et la répartition entre risques diffèrent (Urssaf).

Les montants affichés sont des estimations à partir des taux 2026, pas un conseil personnalisé : l’Urssaf et le service des impôts fixent ce qui est dû. Pour un développeur, la page développeur freelance compare les statuts.

Les questions des indépendants

Quel est le taux de cotisation d’un consultant auto-entrepreneur en 2026 ?

25,6 % du chiffre d’affaires encaissé pour un libéral non réglementé, plus 0,2 % de CFP, selon l’Urssaf. Sur 40 000 € encaissés, cela représente 10 320 €. Le taux était de 24,6 % en 2025 : la hausse au 1er janvier 2026 coûte 400 € de plus par an à ce niveau d’activité.

Où partent les cotisations d’un libéral BNC en micro-entreprise ?

Depuis le 1er janvier 2026, 46,4 % vont à la retraite de base et 21,0 % à la complémentaire, soit 67,4 % au total, selon le décret du 8 septembre 2025. La CSG-CRDS prend 25,2 %, l’invalidité-décès 3,3 % et la maladie seulement 4,1 %. La part de la CSG-CRDS a baissé au profit de la retraite.

Un développeur freelance en micro doit-il facturer la TVA à 40 000 € ?

Pas forcément tout de suite. Le seuil de franchise est de 37 500 € sur l’année précédente : au-dessus, la TVA s’applique au 1er janvier suivant. Entre 37 500 € et 41 250 € en cours d’année, la franchise tient encore ; au-delà du second seuil, la TVA est due dès le jour du dépassement, selon service-public.

Le versement libératoire est-il rentable pour un libéral à 40 000 € ?

Pour une personne seule sans autre revenu, oui : 880 € de versement libératoire à 2,2 %, contre 1 468 € d’impôt au barème après l’abattement de 34 %. Il faut toutefois que le revenu fiscal de référence 2024 ne dépasse pas 29 315 € par part pour une option en 2026.

Un formateur indépendant paie-t-il la CFE ?

Le professeur qui dispense lui-même son enseignement, à domicile ou dans un local sans enseigne, figure parmi les exonérations de plein droit listées par service-public. Les autres libéraux paient la CFE à partir de la deuxième année, sauf si le chiffre d’affaires de l’avant-dernière année n’a pas dépassé 5 000 €. Les traducteurs percevant des droits d’auteur sont aussi exonérés.

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Textes et sources officielles

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