L’impôt sur les sociétés d’une petite société, tranche par tranche
Deux taux, un seuil de bénéfice, une condition de capital : l’IS d’une société unipersonnelle se calcule en quelques lignes.
Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul
L’impôt sur les sociétés de votre bénéfice
Impôt sur les sociétés
10 750 €
| À 15 % jusqu’à 42 500 € | 6 375 € |
| À 25 % au-delà | 4 375 € |
| Taux moyen | 17,9 % |
| Bénéfice après impôt | 49 250 € |
En 2026, une petite société paie l’impôt sur les sociétés à 15 % sur la fraction de son bénéfice qui ne dépasse pas 42 500 €, puis à 25 % sur le surplus. Le taux réduit suppose un capital entièrement libéré et détenu pour les trois quarts au moins par des personnes physiques, ce qui est le cas de la plupart des SASU et EURL créées par un indépendant. Sur 70 000 € de bénéfice, l’impôt atteint 13 250 €, soit un taux moyen de 18,9 % ; sur 120 000 €, il monte à 25 750 €. L’IS se calcule sur le bénéfice après déduction de la rémunération du dirigeant et de ses cotisations, si bien que chaque euro versé en salaire sort de la base imposable. Ce qui reste peut être distribué : les dividendes supportent alors le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Un euro de bénéfice taxé au taux réduit puis distribué laisse 0,58 € à l’associé, contre 0,51 € dans la tranche à 25 %.
Le barème 2026 en deux lignes
L’impôt sur les sociétés, souvent abrégé en IS, se calcule par tranches comme l’impôt sur le revenu, mais avec deux tranches seulement (service-public, fiche F23575). La première, jusqu’à 42 500 € de bénéfice, est taxée à 15 %. La seconde, sans limite, à 25 %. Le seuil ne fonctionne pas comme une marche d’escalier : franchir 42 500 € d’un euro ne fait pas basculer tout le bénéfice au taux plein, seul l’euro supplémentaire l’est.
La tranche réduite est la même pour toutes les sociétés éligibles, quelle que soit leur taille. Elle procure donc un avantage maximal de 4 250 € par exercice par rapport à une imposition intégrale au taux plein. Pour une structure unipersonnelle qui dégage un bénéfice modeste, c’est souvent l’essentiel de son impôt.
| Bénéfice imposable | IS dû | Taux moyen | Bénéfice après IS | Dividendes nets après PFU |
|---|---|---|---|---|
| 15 000 € | 2 250 € | 15,0 % | 12 750 € | 8 747 € |
| 42 500 € | 6 375 € | 15,0 % | 36 125 € | 24 782 € |
| 70 000 € | 13 250 € | 18,9 % | 56 750 € | 38 931 € |
| 120 000 € | 25 750 € | 21,5 % | 94 250 € | 64 656 € |
Le taux moyen grimpe lentement : il reste à 15 % jusqu’au seuil, puis tend vers 25 % sans jamais l’atteindre. À 120 000 € de bénéfice, il vaut 21,5 %.
La condition qui ouvre le taux réduit
Deux exigences cumulées. D’abord, le capital doit être entièrement libéré : les associés ont versé la totalité des apports promis. Ensuite, il doit être détenu pour les trois quarts au moins par des personnes physiques, ou par une société qui respecte elle-même cette règle. Une SASU dont le fondateur a souscrit et payé tout le capital remplit les deux conditions. Le piège classique concerne la libération partielle : tant qu’une fraction des apports reste due, la société paie 25 % dès le premier euro.
Ce qui entre dans la base imposable
Le bénéfice soumis à l’IS est le chiffre d’affaires moins les charges de la société. Parmi ces charges figure la rémunération du dirigeant, avec les cotisations qui s’y rattachent. Dans une SASU, le président est assimilé salarié et son coût total comprend les cotisations patronales du régime général. Dans une EURL à l’IS, la société prend en charge la rémunération du gérant et ses cotisations de travailleur indépendant, calculées sur l’assiette réformée en 2026.
Un exemple en SASU
Une SASU de conseil dégage 80 000 € avant de rémunérer sa présidente. Sans salaire, l’impôt sur les sociétés s’élève à 15 750 €. Si elle se verse 30 000 € brut sur l’année, la société débourse 42 039 € charges patronales comprises ; le bénéfice tombe à 37 961 € et l’IS à 5 694 €. La présidente touche 23 704 € net avant impôt sur le revenu, et ce salaire lui ouvre des droits sociaux que le dividende ne donne pas. L’arbitrage complet se trouve sur salaire ou dividendes.
Après l’IS, la distribution
Le bénéfice net d’impôt peut rester en réserve ou être distribué. Distribué, il devient un dividende soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. L’associé peut préférer le barème progressif, avec un abattement de 40 % sur le dividende. Au moment du versement, la société retient un acompte de 12,8 % au titre de l’impôt.
Mis bout à bout, IS et prélèvement forfaitaire laissent à l’associé 58,3 % d’un bénéfice taxé dans la tranche réduite et 51,5 % d’un bénéfice taxé à 25 %. D’où l’intérêt d’examiner, chaque année, une rémunération qui ramène le bénéfice restant sous 42 500 €.
Le cas particulier du gérant majoritaire d’EURL
En EURL, les dividendes du gérant associé unique qui dépassent 10 % du capital social, des primes d’émission et des comptes courants d’associé supportent en plus les cotisations de travailleur indépendant. L’IS est le même qu’en SASU ; c’est la sortie de l’argent qui diffère. Le détail figure sur les dividendes d’EURL.
Lire le mini-simulateur
Saisissez le bénéfice imposable de l’exercice, après salaire du dirigeant et cotisations. Le calcul affiche la part taxée à chaque taux, le taux moyen et le bénéfice qui reste. Il suppose la société éligible au taux réduit. Pour partir du chiffre d’affaires et laisser le moteur chercher le meilleur partage, utilisez le simulateur SASU ou le simulateur EURL.
Ces montants sont des estimations établies à partir des règles publiées : ils n’engagent pas l’administration fiscale, qui reste seule à liquider l’impôt, et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel sur votre situation.