Vendre des marchandises en micro-entreprise : taux, plafond et marge
Le revendeur cotise sur ce qu’il encaisse, achats compris : un taux bas sur un montant qui n’est pas son bénéfice.
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Votre activité en chiffres
Net par mois, personne seule
3 503 €
| Taux de cotisations | 12,3 % |
| CFP + taxe de chambre par mois | 5 € |
| Impôt par mois | 0 € |
| Plafond annuel de l’activité | 203 100 € |
Un auto-entrepreneur qui revend des marchandises, vend sa propre production ou fournit un hébergement cotise en 2026 au taux de 12,3 % sur son chiffre d’affaires encaissé, le plus bas du régime. S’y ajoutent 0,1 % de contribution à la formation professionnelle et 0,015 % de taxe pour la chambre de commerce. Le plafond annuel atteint 203 100 €, la franchise de TVA tient jusqu’à 85 000 € et l’impôt, au barème, ne porte que sur 29 % des ventes grâce à l’abattement de 71 %. Le piège tient au prix d’achat : il fait partie du chiffre d’affaires et rien ne le déduit. Une boutique en ligne qui vend pour 60 000 € et a payé 36 000 € de stock verse 7 449 € de prélèvements sociaux, soit 31 % de sa marge, et garde 16 551 € sur l’année.
Ce qui relève de la vente
La catégorie couvre la revente de produits achetés, la vente de ce qu’on fabrique et la fourniture de logement. Les meublés de tourisme et les chambres d’hôtes ont toutefois leurs propres plafonds (83 600 € pour un meublé classé ou des chambres d’hôtes, 15 000 € pour un meublé non classé) et ne sont pas traités ici. Dès qu’une part de l’activité consiste à vendre du temps ou un savoir-faire, réparation, installation ou conseil, cette part bascule dans les prestations de services, avec un autre taux et un autre plafond.
Les prélèvements d’un vendeur en 2026
Trois lignes figurent sur la déclaration Urssaf d’un commerçant (Urssaf, l’essentiel du statut, service-public, taxes de chambres) : les cotisations à 12,3 %, la contribution à la formation professionnelle à 0,1 % et la taxe pour frais de chambre de commerce à 0,015 %. Le tableau en tire le net pour une personne seule sans autre revenu, avant achats, avant CFE.
| Ventes encaissées | Cotisations, CFP et taxe CCI | Impôt au barème | Reste avant achats | TVA |
|---|---|---|---|---|
| 30 000 € | 3 725 € | 0 € | 26 276 € | franchise |
| 60 000 € | 7 449 € | 0 € | 52 551 € | franchise |
| 120 000 € | 14 898 € | 3 544 € | 101 558 € | redevable |
| 200 000 € | 24 830 € | 10 504 € | 164 666 € | redevable |
La dernière colonne compte : au-delà de 85 000 €, le vendeur devient redevable de la TVA et ses prix publics doivent l’inclure, ce qui rogne la marge si la concurrence ne suit pas.
Le taux sur le chiffre d’affaires, le coût sur la marge
Un revendeur ne gagne pas ce qu’il encaisse. Prenons une boutique en ligne qui vend pour 60 000 € et a acheté 36 000 € de marchandises : sa marge brute est de 24 000 €. Elle paie 7 449 € de prélèvements sociaux, calculés sur les 60 000 €. Rapportés à la marge, ils pèsent 31,0 %, bien loin des 12,3 % affichés. Après achats, il lui reste 16 551 €, frais d’emballage, d’expédition et de plateforme non compris.
La règle se retourne pour un artisan qui vend sa propre production avec peu de matière première : la marge est large et le taux de 12,3 % devient très doux. Pour un revendeur à faible marge, le calcul au réel, où l’on cotise sur le bénéfice, mérite d’être posé : voir micro ou réel.
L’abattement de 71 %, un avantage pour l’impôt
L’administration fiscale suppose qu’un vendeur dépense 71 % de son chiffre d’affaires pour acheter et produire (fiche F23267). Sur 60 000 € de ventes, seuls 17 400 € entrent dans le revenu imposable. Pour une personne seule sans autre revenu, la décote et le seuil de recouvrement ramènent alors l’impôt à zéro. Le versement libératoire, à 1 % des ventes (impots.gouv.fr), n’a d’intérêt qu’au-delà : à 120 000 €, il coûte 1 200 € contre 3 544 € au barème. Le détail est sur le versement libératoire.
Plafond et première année
Le régime tient jusqu’à 203 100 € de ventes annuelles en 2026, contre 188 700 € auparavant (service-public, fiche F32353). L’année de création, ce seuil se calcule au prorata des jours d’activité : une boutique ouverte le 31 janvier 2026 a droit à 186 407 €. La franchise de TVA se proratise elle aussi, dans l’autre sens : on ramène les ventes à une année pleine (fiche F21746).
Le commerçant qui ajoute des services, installation ou réparation, reste sous le seuil global de 203 100 €, mais la part services ne doit pas dépasser 83 600 €. Les deux seuils ne s’additionnent pas, et l’abattement minimum passe à 610 €. Voir le plafond de la micro-entreprise.
Quand on fabrique ce qu’on vend
Un artisan inscrit au répertoire des métiers qui vend sa production reste au taux de 12,3 %, mais sa CFP passe à 0,3 % et la taxe de la chambre des métiers à 0,22 %. Sur 50 000 € de ventes, il verse 6 150 € de cotisations et 260 € de CFP et de taxe de chambre. Ses autres règles sont sur auto-entrepreneur artisan.
Trois erreurs fréquentes chez les vendeurs
Déclarer la marge au lieu des ventes : l’Urssaf attend le chiffre d’affaires encaissé, pas ce qu’il reste après achats. Oublier les remboursements : seul ce qui a été réellement encaissé sur la période se déclare. Laisser filer la TVA : un dépassement du seuil majoré en cours d’année rend la TVA exigible dès ce jour-là, sur des ventes déjà conclues à un prix qui ne la prévoyait pas. La page TVA de l’auto-entrepreneur détaille les seuils.
Les montants sont des estimations calculées avec les taux 2026 ; l’Urssaf et les impôts fixent seuls ce que vous devez.