Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu en micro-entreprise

Un petit pourcentage du chiffre d’affaires qui solde l’impôt de l’activité, avantageux pour certains foyers et coûteux pour d’autres.

Calculs vérifiés par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode de calcul

Versement libératoire ou barème ?

Le versement libératoire fait gagner

254 €

Impôt au barème dû à l’activité1 046 €
Versement libératoire (2,2 %)792 €
RFR 2024 maximal pour l’option en 202629 315 €
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Le versement libératoire permet à un micro-entrepreneur de régler l’impôt sur le revenu de son activité en même temps que ses cotisations, par un pourcentage fixe de son chiffre d’affaires : 1 % pour la vente de marchandises et l’hébergement, 1,7 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 2,2 % pour les activités libérales. L’option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année ne dépasse pas, par part, la limite de la deuxième tranche du barème : 29 315 € pour 2026 selon le simulateur de l’Urssaf, 29 579 € pour une option prenant effet en 2027. Elle n’est pas toujours gagnante : un coach seul qui encaisse 30 000 € paierait 660 € par versement libératoire contre 413 € au barème, grâce à la décote. Une traductrice seule à 42 000 €, elle, économise 755 € par an. Tout dépend des autres revenus du foyer et de son taux marginal.

Les taux et ce qu’ils remplacent

Le versement libératoire remplace l’impôt sur le revenu dû sur l’activité, et seulement celui-là (impots.gouv.fr, le versement libératoire). Il se paie à l’Urssaf avec les cotisations, au même rythme, sur le même chiffre d’affaires encaissé.

Taux du versement libératoire en 2026, hors contribution à la formation professionnelle
ActivitéVersement libératoireCotisationsTotal payé à chaque échéance
Vente de marchandises, hébergement1,0 %12,3 %13,3 %
Services commerciaux ou artisanaux (BIC)1,7 %21,2 %22,9 %
Libéral non réglementé (BNC)2,2 %25,6 %27,8 %
Libéral relevant de la Cipav2,2 %23,2 %25,4 %

Comparé à l’impôt au barème, le versement libératoire a un trait singulier : il est dû dès le premier euro encaissé. Le barème, lui, ne taxe rien sous 11 600 € de revenu par part et ménage les petits revenus par la décote. C’est ce qui rend l’option perdante pour beaucoup de foyers modestes.

La condition de revenu

Peut opter le foyer dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année ne dépasse pas la limite de la deuxième tranche du barème, par part de quotient familial. La limite augmente de moitié par demi-part supplémentaire et d’un quart par quart de part (service-public, fiche F23267). Pour 2026, c’est le RFR 2024 qui compte, avec 29 315 € par part d’après le simulateur de l’Urssaf ; pour une option en 2027, le RFR 2025, avec 29 579 € par part.

Revenu fiscal de référence à ne pas dépasser, calculé avec la fonction du moteur
FoyerPartsRFR maximal, option 2026RFR maximal, option 2027
Personne seule129 315 €29 579 €
Couple258 630 €59 158 €
Couple, un enfant2,573 287,50 €73 947,50 €
Couple, deux enfants387 945 €88 737 €

Le décalage de deux ans a une conséquence pratique : l’année où l’activité décolle, on peut encore être éligible grâce à un RFR ancien et modeste ; deux ans plus tard, le succès de l’activité ferme la porte.

Cinq foyers, cinq verdicts

Le moteur compare l’impôt au barème imputable à l’activité et le versement libératoire, puis vérifie la condition de RFR en supposant des revenus stables d’une année sur l’autre.

Impôt dû sur l’activité selon le mode de paiement, calculé par le moteur
FoyerChiffre d’affairesImpôt au barèmeVersement libératoireRFR estiméOption ouverte
Coach, seul, sans autre revenu30 000 €413 €660 €19 800 €oui
Traductrice, seule42 000 €1 679 €924 €27 720 €oui
Rédactrice en couple, conjoint à 30 000 € imposables30 000 €2 767 €660 €49 800 €oui
Développeur, seul60 000 €4 984 €1 320 €39 600 €non
Électricien en couple, un enfant45 000 €0 €765 €22 500 €oui

Le coach seul paie moins au barème : son revenu après abattement reste dans la zone où la décote efface une bonne partie de l’impôt. La traductrice, avec 42 000 € de recettes, gagne 755 € avec l’option. La rédactrice est le cas d’école : le salaire de son conjoint place le foyer dans la tranche à 11 %, et le versement libératoire lui fait économiser 2 107 €. Le développeur gagnerait encore davantage, mais son revenu dépasse la limite. Quant à l’électricien, le quotient familial ramène son impôt au barème à 0 € : l’option lui coûterait 765 € pour rien.

Le mini-simulateur en haut de page refait ce calcul avec vos chiffres et vos autres revenus.

Calendrier de l’option

À la création, l’option se demande avec l’immatriculation ou au plus tard le dernier jour du troisième mois qui suit. Ensuite, elle se demande avant le 30 septembre pour l’année suivante, et se dénonce avant la même date (impots.gouv.fr). Le 15 octobre 2026, il est donc trop tard pour 2027 si vous êtes déjà installé : la prochaine décision vaut pour 2028.

Ce que l’option ne supprime pas

Le chiffre d’affaires brut se déclare toujours sur la déclaration de revenus, formulaire 2042-C-PRO, sans déduire aucune charge. Après abattement, il s’ajoute au revenu fiscal de référence, celui-là même qui conditionne l’option deux ans plus tard, et il sert à fixer le taux qui s’applique aux autres revenus du foyer (service-public). Supprimez enfin l’acompte de prélèvement à la source de l’activité dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr, pour éviter de payer deux fois. Pour l’impôt au barème lui-même, voyez l’impôt de l’auto-entrepreneur ; pour cumuler avec un salaire, auto-entrepreneur et salarié.

Les montants présentés sont des estimations établies sur les barèmes publiés ; ils ne remplacent pas un conseil personnalisé, et l’administration fiscale fixe seule l’impôt dû.

Les questions des indépendants

Jusqu’à quand opter pour le versement libératoire en 2027 ?

Hors création, l’option se demande avant le 30 septembre pour l’année suivante : pour 2027, la date limite était donc le 30 septembre 2026, et la prochaine fenêtre se ferme le 30 septembre 2027, pour 2028. Un créateur peut opter dès l’immatriculation ou jusqu’au dernier jour du troisième mois suivant, d’après impots.gouv.fr, à condition que son RFR ne dépasse pas 29 579 € par part.

Le versement libératoire modifie-t-il l’impôt sur le salaire de mon conjoint ?

Indirectement, oui. Le chiffre d’affaires de l’activité, après abattement, reste pris en compte pour fixer le taux d’imposition des autres revenus du foyer, et il entre dans le revenu fiscal de référence, selon service-public et impots.gouv.fr. Le salaire du conjoint peut donc être taxé à un taux un peu plus élevé qu’en l’absence d’activité, même si l’activité elle-même ne paie que 2,2 % en libéral.

Quel revenu fiscal de référence maximum pour un couple avec deux enfants en versement libératoire ?

Pour une option qui prend effet en 2027, service-public indique 88 737 € de revenu fiscal de référence 2025 pour un couple avec deux enfants, soit trois parts à 29 579 €. Pour 2026, sur le RFR 2024, le simulateur de l’Urssaf retient 29 315 € par part, soit 87 945 € pour ce foyer.

Comment sortir du versement libératoire ?

En le dénonçant avant le 30 septembre pour l’année suivante, d’après impots.gouv.fr. Il prend aussi fin de lui-même si vous dépassez les seuils de la micro-entreprise, 83 600 € en services, ou si votre revenu fiscal de référence dépasse la limite par part. Vous revenez alors à l’impôt au barème, calculé après abattement sur la déclaration annuelle.

Le versement libératoire se paie-t-il avec les cotisations Urssaf ?

Oui, il s’ajoute aux cotisations et se règle avec chaque déclaration mensuelle ou trimestrielle de chiffre d’affaires. Service-public affiche les taux cumulés hors formation professionnelle : 13,3 % en vente, 22,9 % en services commerciaux ou artisanaux, 27,8 % en libéral non réglementé et 25,4 % pour la Cipav. Aucun solde d’impôt sur l’activité n’arrive ensuite.

Un développeur seul à 60 000 € peut-il choisir le versement libératoire ?

Le calcul y pousse, puisque l’option coûterait 1 320 € contre 4 984 € au barème. Mais avec un revenu stable, son revenu fiscal de référence atteint 39 600 €, au-dessus des 29 315 € autorisés pour une part en 2026. Il n’y a droit que si son RFR de l’avant-dernière année était plus bas, par exemple l’année du démarrage.

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Textes et sources officielles

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